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 Le Chevreau de la Chèvre Noire. (de Goetys et Centuria)

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Goetys
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MessageSujet: Le Chevreau de la Chèvre Noire. (de Goetys et Centuria)   Mer 10 Déc - 3:34



Le Chevreau de la Chèvre Noire.


L'escalier dissimulé entre les murs de l'Académie zigzague encore sur quelques mètres avant de s'arrêter abruptement devant un écoutille close. À la lumière de son bougeoir, le Grand Prêtre distingue sans problème le mécanisme millénaire. Il fait pivoter doucement un panneau dissimulé qui laisse filtrer vers lui un rayon de clarté orangée. Le poète se penche sur une fente étroite et observe un moment la salle encombrée située de l'autre côté.
Six torches anciennes éclairent l'Observatoire Dimensionnel. Des ombres sans fin se multiplient contre le capharnaüm d’outils divers et incongrus éparpillé le long de ses murs. Animés par ce jeu d'ombre, les nombreuses bêtes empaillées amassées ici semblent guetter l'unique occupant des lieux.
Centuria, jeune Suppôt de l'Académie de Kadath, semble perdue dans l'observation d'une singulière créature, un mélange inquiétant de corbeau, d'insecte et de taupe. Sur la pointe des pieds, elle cherche à trouver le regard vitrifié de la chose. Elle a ramassé sous son bras les pans de sa robe noire, découvrant chevilles et pieds dans l'espoir de ne point trébucher.
Songeant avec nervosité à l'heure prochaine, le Prince Jaune reconsidère une dernière fois son choix. La vampire a du chien, ça nul doute. Elle a en elle la flamme nécessaire à la tâche. Mais saura-t-elle rester de marbre devant l'impossible fait chair? Son esprit restera-t-il entier une fois le rite achevé? Il soupire. Le temps n'est plus au doute. Il observe encore la belle, remarque avec une étoile au cœur qu'elle a osé appuyer sa main contre une des pattes du monstre grotesque afin d'assurer son ballant.
Elle saura maîtriser sa peur.

Quelques gestes simples libèrent l'écoutille des serres de bronze qui la tenaient en place. Sans le moindre son, il glisse par l'ouverture sans âge qui disparaît dans le mur une fois sa porte refermée. Huit pas le mènent près de Centuria.
- Il s'agit d'un byakhee."
La cultiste sursaute et fait volte-face à la vitesse de l'éclair. Venue sans armes, elle lève vers Goetys des mains aux ongles acérés comme des griffes.
- Sa race est au service d'un être puissant nommé Hastur," poursuit-il sans fléchir, "un Grand Ancien vivant dans les étoiles. Tu vois ces ailes de cuir?"
Confuse, la novice baisse lentement les bras en acquiesçant.
- Malgré leur taille, les byakhee peuvent voler. Ils peuvent même traverser le vide spatial afin de rejoindre leur maître près de l'étoile Aldebaran, dans la constellation du Taureau. Il arrive même que certains sorciers humains lancent un appel vers Hastur afin qu'il envoie de ces serviteurs qui servent alors de monture aux thaumaturges. Ces mages traversent des océans sur le dos de ces choses, rejoignent des mondes étranges inconnus de la masse endormie."
Le vampire touche distraitement un sifflet d'argent pendu à son cou. Centuria ne peut détacher son regard de lui tandis qu'il se perd dans ses souvenirs à la recherche d'un rêve passé. Elle imprime dans sa mémoire son profil volontaire, sa mâchoire carrée et son expression concentrée. Le Poète Fou des Autres Dieux n'est aujourd'hui vêtu que d'une toge austère de satin noir dont le couvre-chef est rabattu sur son dos. Une étole de satin jaune passée sur ses épaules présente des séries de symboles intrigants.
- Centuria?
- Oh ... oui?
- Sais-tu pourquoi je t'ai fait venir ici?
- Je ... ça a quelque chose à voir avec une sorte de cérémonie je crois.
- Une sorte de cérémonie, oui. Si tu veux.
- C'est pas ça?
- C'est ... un peu plus compliqué mais essentiellement oui, il s'agit d'une cérémonie."
Un peu mal-à-l'aise, la jeune guerrière transfert son poids d'un pied vers l'autre. Rester en place semble plus difficile que d'habitude.
- C'est une cérémonie religieuse?"
Goetys sourit.
- Certains en font une religion. Certains donnent leur vie pour ce qu'ils ne comprendront sans doute jamais. Ceux là suivent en effet des dogmes insensés renforcés par des siècles de tradition occulte. J'ai rencontré des sois-disant néo-druides qui connaissaient une cérémonie semblable à celle que je veux orchestrer ce soir mais leur actes machinaux et dépourvus de réelle connaissance rendait leurs efforts amusant, au mieux. Ces fous ne connaîtrons jamais les mystères que je veux rejoindre ici.
- Euu ... Et tu as déjà fait ce rituel?
- Deux fois déjà. Je sais ce que je fais."
Inquiète malgré sa confiance en son tuteur, Centuria recule d'un pas mai termine sa fuite entre les membres insectoïdes de la chose ailée. Un second bond défensif la mène droit dans les bras du poète.
- Qu'y a-t-il, Dame des Siècles," demande-t-il doucement à sa captive? "Que redoutes-tu avec autant de presse?"
Comme fouettée par la question, elle sut soudain mettre le doigt sur l'origine de son malaise.
- Mon Prince?
- Oui?
- Ce rituel est important si j'ai bien compris?"
Il la regarde, amusé par ses détours.
- Il l'est pour moi.
- Pourquoi alors ce n'est pas Hordos ou Solitarius qui est ici avec toi? J'y connais rien moi! Et si je fais tout rater? Ils seraient tous les deux plus ... enfin, moins inexpérimentés que moi!"
Goetys retient difficilement un sourire. L'expression seule de la petite démone suffit toutefois à le faire flancher. Elle fronce les sourcils et croise les bras sur sa poitrine.
- Attends! Ne le prends pas comme ça."
Il lui décroise doucement les bras sans qu'elle n'offre de résistance.
- Ni Hordos ni Solitarius ne peuvent m'aider avec ce rituel. Il s'agit d'un appel lancé vers Shub-Niggurath, une déité parallèle de la fertilité. Attends ... ne t'énerve pas. N'aie crainte, je ne sous-entend rien de ce que tu sembles imaginer.
- Alors pourquoi as-tu besoin d'une fille?
- Bon, d'accord, il y a possiblement quelques sous-entendus. Mais rien d'aussi ... impliqué que ce que tu sembles craindre. C'est symbolique. Il doit y avoir deux partis afin d'invoquer la Chèvre Noire, un mâle et un femelle... C'est un partage énergétique.
- Si tu le dis."
Goetys met une main sur l'épaule de son amie.
- souviens-toi de ce que t'as dit Solitarius ... Fais-confiance, Centuria."

Un soupir est sa seule réponse. La cultiste est déchirée. Comment arriver à faire confiance à nouveau? Comment y parvenir sinon un pas à la fois ...
- Que dois-je faire?"
Cette simple question semble nimber le Loup de Tindalos d'une lumière satisfaite.
- Commence par aller Chez Hydra nous trouver quelqu'un à boire. Je préparerai pendant ce temps tes vêtements et le reste du matériel nécessaire.
- Mes vêtements," dit-elle en rougissant?
- Oui. Tu devras te changer. J'espère que tu aimes les déguisements ..."







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MessageSujet: suite   Lun 15 Déc - 17:06

Le grand prêtre Goetys ramena sa protégée jusqu'au passage et la laissa passer devant d’un geste de la main.
-Je resterais ici en attendant ton retour. Je te laisse une heure pour me ramener l’esclave que tu auras désigner pour le rituel. Une heure pas plus où nous serons en retard pour le rituel, il doit être fait à une heure bien précise quand la lune arrive à son plus haut point.
-Bien. Je reviens aussi vite que possible, ce ne devrait pas être très compliquée
Goetys sourit comme s’il cachait quelques choses.

Centuria remonta de nouveaux les escaliers et pris un long manteau et rabattu sa capuche sur son visage avant de se diriger vers la taverne de chez Hydra. La neige tombait à flot ce soir là.
Svanna, la patronne de ce lieux des plaisirs accueilla la jeune disciple les bras ouvert.
-Que veux tu chère demoiselle ? un nectar de sang bien frais comme à ton habitude !
-Non, c’est plus compliqué. Peux-tu me montrer tes esclaves que tu as en réserve ?
-Désoler ma douce, mais c’est des biens personnels ! seuls les grands maîtres peuvent me demander ceux-ci, contre un petit échange bien sur !
-Je viens de la part de Goetys !
La patronne secoua la tête et se dirigea vers d’autres clients portant sur un plateaux de nombreux mets méconnu : langue d’homme serpent, œil de vautour, nectar de sang serti de moelle osseuse.
-Centuria, tu es bien charmante. Mais rien ne m’oblige à te croire !-un court moment de silence se fit attendre- Qu’a tu a me proposer ?
-Je…. –elle croisa les bras- je ne sais pas…. Rien de grande valeur.
-Quand tu auras trouver viens me voir ! ou alors demande à Goetys de venir en personne.
Centuria s’approcha la responsable de la taverne les poings serrés.
-Svanna ! Il m’en faut un avant 1h, s’il te plait ! Je te ramènerais un esclave de bonne qualité ! ou je travaillerais pour toi quelques temps !
-Non désolé, je n’ai pas besoin de personnel et je me procure déjà mes esclaves auprès des goules.
Après tout ses efforts Centuria ne sus que faire. Elle se laissa tomber sur une chaise pensant à son vénérable maître et aux reproches que celui-ci allait lui faire. Elle se rappela de son encouragement : fais toi confiance Centuria !Elle ne voulais pas le décevoir, pas lui !
Après dix minutes de réflexions, elle alla dehors et fis le contour de la taverne afin de trouver une embrasure, elle en remarqua une à une hauteur de trois mètres. Elle se dévêtis de son manteaux et avec une pincée de reproche, elle utilisa son agilité accrue de cultiste pour grimper la paroi et se glisser à travers une petite fenêtre. A travers cette ouverture, elle déchira sa robe à la hauteur de la cuisse avec une légère éraflure. Elle avança discrètement vers la porte et regarda par sa fente. Ne voyant aucun danger elle s’aventura dans un long couloir où était disposé de nombreux tableaux ainsi que des armes d’une civilisation ancienne. Après avoir fait plusieurs essais sur des portes fermées à doubles tours, elle en trouva une ! A l’intérieur de cette pièce se trouvait une esclave d’une étrange beauté, enceinte, accroché à des chaînes et à moitié consciente.
Elle la détacha et la traîna au sol jusqu’à l’ouverture. Etrange cette simplicité, mais elle n’avait pas d’autres choix !
Ouvrant la porte, elle découvrit Svanna les poings sur les hanches, les yeux rouge de sang.
-Tu ne te doute quand même pas que je laisse une porte sans sécurité !
Elle attrapa Centuria par le bras d’une force spectaculaire et d’une rapidité sans reproche.
-Viens avec moi !
Centuria arriva à s’enlever de cette étreinte.
-Svanna ! non !Je suis obliger , crois moi !-elle prit ses couteaux à lancer en mains afin de s’en servir comme poignard.
Svanna la regarda un moment sans bouger ;Dans une surprise totale, elle se mit à sourire et à éclater de rire. Centuria ne compris rien et resta bouche bée.
-Que….Que t’arrive t’il ?
-Fais pas cette tête ma mignonne !je savais que tu allais venir !Cours vite vers ton maître il ne te reste pas longtemps ! Je croyais que tu avais renoncer à cette quête, je te félicite ! tu as du courage et de la loyauté envers Goetys. Vas y cours, il ne te reste que 10 minutes !
-Merci !
Centuria pris sur son épaule la jeune femme et courus avec difficulté dans un étroit escalier pour se retrouver à l’arrière de la taverne et continuer son chemin dans une épaisse neige.
Elle arriva dans la mausolée sans porter attention aux autres vampires présents pour descendre les escaliers zigzaguant et se retrouver devant l’écoutille.
-Goetys, je suis là !
On entendis le mécanisme se mettre en route et d’un geste lent le panneau s’ouvrit.
-Tu en as mis du temps !Tu n’as eu aucune difficulté ? –dit-il en regardant la légère éraflure le long de sa jambe avec un sourire aux lèvres comme si une pensée lui avait traverser l’esprit-
-Je…non aucune.
Après avoir disposé la femme à l’endroit indiqué, elle regarda les changements apportés à la salle. Goetys avait pendant ce temps parsemé la salle de bougie et d’objets insolites.
-tu trouvera tes nouveaux vêtements dans cette malle. dit-il en pointant le doigt dans une direction tout en regardant l’esclave.
La jeune suppôt ouvrit la malle avec délicatesse et retira un a un les pièces d’un vêtement.
Centuria se leva et se mit à dos de Goetys . Elle laissa retomber sa robe noire délicatement le long de son corps, on pouvait ainsi remarqué qu’elle ne portait aucun sous-vêtement. On distinguait ses courbes se dessiner par les reflets des bougies ; elle repoussa ses long cheveux noirs d’ébène sur son dos atteignant ainsi la hauteur de ses fesses. Elle se pencha et ramassa une longue robe de voile blanche et l’enfila. Celle ci garda son dos dénudé et se raccrochait autour du cou. La partie basse de sa robe se composait de plusieurs lambeaux de tissu flottant dans un vent inconnu. Elle mis aussi une légère culotte et enfila un diadème sur la tète serti de joyaux et retombant de chaque coté de son visage. Elle se retourna et fit face à Goetys.
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Goetys
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MessageSujet: Re: Le Chevreau de la Chèvre Noire. (de Goetys et Centuria)   Mar 16 Déc - 3:40



Les pensées du Capteur d’Esprit sont réduites au silence à la vue de la belle vampire. Le tissu léger de la robe laisse voir l’ombre de ses mamelons, la coiffe sur sa tête fait d’elle une déesse tirée des légendes de l’Égypte ancienne. Cent idées traversèrent son esprit enflammé.
Il cligne des yeux pour en chasser ses rêves et se recompose un peu. Le regard espiègle de son amie trahit le plaisir qu’elle éprouve à le voir ainsi troublé. Lui sourit pour lui-même …
« Elle a donc réussi à tenir tête à Svanna. Très bien. »
Il caresse la captive inconsciente du revers de la main, ses yeux rivés à sa complice. La femme enceinte gémit et tourne la tête, toujours perdue dans son mutisme étrange.
- Viens Centuria. Aide-moi à l’installer au centre de ce cercle. »
Une fois la victime installée, le vampire et sa collègue la dévêtissent en silence. Sa peau piquée de chair de poule monte et descend lentement au rythme d’une respiration fort étirée. Les ombres de plusieurs bougies dessinent sur son corps des étoiles dansantes.
Il s’approche d’un côté de l’arrangement étalé sur le sol et invite la jeune immortelle à s’asseoir de l’autre. Elle s’exécute lentement, appréciant en souriant le regard du Grand Prêtre suivant ses mouvements. La victime est cernée entre robe blanche et toge noire. En place, Centuria porte une attention plus soutenue à l’étrange assemblage étalé entre le Prince Jaune et elle. Six grandes bougies sont placées sur certains symboles, voilant ces derniers d’autant de mares de cire à demi fondue. Trois prismes singuliers disposés sans ordre discernable dans la toile de lignes courbes échappent à toute logique géométrique connue. Les facettes de l’un d’eux semblent tantôt concaves, tantôt convexes.
L’attention hypnotisée de la demoiselle le fit sourire.
- Il s’agit d’un objet unique.
- Pardon? Unique? Oui, je veux bien le croire. D’où vient-il?
- D’un temple souterrain situé sur Yuggoth. »
Centuria sourit, amusée par la sonorité inhabituelle du nom inconnu.
- Yuggoth est le nom que les Mi-Go donnèrent à la planète Pluton. Un groupe de marchands de Leng acquirent ce cristal de prêtres d’Hastur lors d’échanges dans les Contrées du Rêve. Ces marchands me le cédèrent pour quelques centaines d’esclaves.
- Oh, » fait-elle seulement.
- Enfin. L’heure est sur nous. Il est temps de commencer. »
Sentant la nervosité de la novice grandir soudainement, Goetys choisit de ne pas l’épargner inutilement et lui présenta simplement la vérité. Aussi terrible soit elle, celle-ci devrait être confrontée d’ici peu de temps.
- Tu risques d’assister à certains faits étranges, charmante démone. T’y sens-tu préparée?
- Euuu … Quel genre de faits?
- Je vais cette nuit tenter de contacter l’essence de Shub-Niggurath et tu vas m’y aider.
- Tu vas appeler un dieu? »
L’horreur devinée sur ses traits lui plue. Elle avait fait ses devoirs. Elle avait appris à craindre les choses au-delà du monde, au-delà des sens.
- Non. Seuls les déments cherchent à violer les lois les plus sacrées. Les dieux et les hommes ne sont pas faits pour cohabiter. Je cherche toutefois à toucher la Chèvre Noire, à capter l’attention de celle-ci en communiquant avec l’un de ses serviteurs inhumains.
- Alors tu appelles un monstre?
- Si c’est ainsi que tu veux le nommer … »
Le silence s’étira le temps que la captive inconsciente pousse deux longs souffles.
- Je suis prête, » murmura-t-elle, une résolution blanche plâtrée sur le visage.
Une main sur la tête de la femme, Goetys lui prit la main droite. D’un geste il pria Centuria de prendre la gauche.
- Nous allons maintenant lui prendre sa vie. Tu sentiras son essence chercher à t’emplir, chercher à échapper à celle vers qui mes prières seront levées. Dresse ton esprit contre celui de cette femme. Ne la laisse pas entrer où Shub-Niggurath la suivra afin de récupérer son dû.
Il est fort possible qu’un de ses Chevreaux vienne pour porter mes vœux vers elle. Si l’un d’eux vient, ne crains rien. Buvant le sang de ce sacrifice, nous deviendrons les extensions de la déesse noire; son serviteur ne nous considérera probablement pratiquement pas. »
Centuria ne peut qu’acquiescer muettement. Avec un minimum de chances la chose n’apparaîtrait pas et les prières du Poète Fou monteraient sans escorte vers la chose au nom imprononçable.
Le sorcier lui fait un signe de la tête et se penche lentement sur le poignet levé.

Le rite commence.
Ses crocs percent sa peau au goût de crème. Le vampire devine la saveur de parfums délicats, fruits et fleurs mélangés en une savante combinaison. Une part diffuse de sa conscience prend note qu’encore une fois Svanna a fait un travail exceptionnel. Il sent le flot épais teinté de fer descendre dans sa gueule, pénétrer son palais, sa langue, ses joues. Une main glissée sous la nuque de la pauvre mourante, il la sent osciller entre conscience et douce euphorie. Quelque part au seuil de ses sens un cœur tremble et s’emballe, une respiration sifflante se meut en râle sourd.
La mort joint la danse, soulevant doucement son lot. Le cœur tremblant frappe un coup, s’immobilise le temps d’un battement qui ne vient pas puis s’effondre sans lutte, abandonnant avec passion une vie trop vite vécue.
Les deux vampires se redressent d’un même geste lascif. Ils lâchent le corps. La novice a le menton écarlate. Une rivière de sang est dessinée le long de son cou, répandue maladroitement jusque ses genoux. Le bref sourire qui apparaît en un éclair dans son regard complice est à deux doigts de briser la concentration de l’invocateur.
Il ferma les yeux afin de se garder de cette distraction et entama d’une voix profonde la première des cinq prières. Une vibration familière inonde immédiatement son torse, une sensation lointaine mais aussi vivide qu’un premier baiser. Selon la science moderne, la langue gutturale des mages préhistoriques de l’Hyperborée est perdue à jamais faute d’échantillonnage, certains vont même jusqu’à nier son existence, mais les occultistes de ce monde savent que la tradition orale amérindienne a conservé l’essentiel de leurs anciens chants sacrés. La prononciation perdue de certaines cérémonies Pictes est sensée avoir ressemblé ces chants.
Le prêtre dément ouvre les yeux avant la fin de la troisième hymne ancienne pour découvrir la jeune femme aux cheveux bouclés attendant agenouillée, les paupières closes. Ses lèvres rougies suivent en cadence les mots inconnus, dévoilant à intervalles irréguliers ses canines invitantes. Il préfère se fermer plutôt que de trébucher sur un mot enchanté et déplaire aux forces personnifiées du Cosmos aussi choisit-il de replonger dans le noir.
Il ose les rouvrir seulement au début de la cinquième prière, lorsqu’un soubresaut agite le ventre gonflé de la morte et arrache du coup un petit cri de surprise à Centuria. Les yeux affolés de la cultiste semblent demander ce qui se passe mais l’officiant ne fléchit pas. Il sait que ces minutes sont cruciales. Entre eux deux la forme ronde gonfle lentement. De longues lézardes violacées se apparaissent là où la peau de la victime ne peut se tendre davantage. L’hémisphère de chair commence à se déformer, épousant les contours d’une forme grouillante, une horreur n’ayant visiblement plus rien d’un humain.
Le corps tressaille un coup, cabrant la forme nue en un angle disgracieux avant de se replier sur elle-même, ses genoux près de sa face. Ainsi roulée en boule, une main sur son énorme panse, la femme se met à vibrer. Un liquide noir semble transpirer d’elle, créant autour de la carcasse déformée une mare de fange poisseuse.

Soudain Centuria ne sait plus ce qui l'épouvante le plus, l’apparente transformation de sa victime ou l’expression d’horreur peinte sur les traits de Goetys. Le vampire est crispé, les bras tendus devant lui, les mains fermées selon d’étranges règles occultes. Sur ses lèvres meurt les derniers pieds d’un ver maudit. La novice serre la mâchoire et chasse à demi ses peurs. Derrière elle la chose ailée, la taupe aux membres d’insecte, semble avoir remué. Son œil de corbeau s’est fixé sur elle. Après seulement un moment d’hésitation, au moment même où la Lune atteint son zénith, Centuria répète difficilement les syllabes inconnues.
La cinquième prière est ainsi achevée.
Le bruit qui suit n’est ni frottement ni claquement mais le son abjecte d’une grande déchirure. Tel une fleur, le ventre fendu de toutes part retourne ses pétales de chair sanglante. Les deux officiants détournent les yeux mais Centuria a le temps de deviner un amas de fils nerveux et de tentacules au centre du nid d’organes et de viscères.
La belle s’accroche à sa santé mentale, sauvant son esprit de dommages certains en vivant l’expérience sans chercher à la comprendre. Ce qu’elle entend ensuite ne peut que se graver pour toujours dans sa mémoire même si elle ne vit rien de la scène que jeux d’ombres et de lumières. Ce sont ces tentacules d’ombres qui l’avertissent lorsque la chose se déploie et grandit, défiant sans remords les lois connues de la biologie. Ce sont aussi eux qui peuvent lui donner un sens général de la forme de ce serviteur.
L’être dans son ensemble doit faire douze pieds de haut, ses longs membres souples balayant le plafond. Il a possiblement un torse circulaire, un tronc massif d’où émergent ces étranges branches flexibles. Le tout ressemble à un arbre perverti monté sur trois jambes potelées. Une odeur d’humus, de sang souillé et d’excréments accompagne sa vile présence. Lorsqu’il passe sur elle, ce musc nocif est si puissant qu’il la frappe comme une claque.
- Ïa Ïa Shub-Shabbath! ShebBha urul Pfangh’he! N’thoth Shub-Shabbath Zhâr! »
La voix de Goetys semble venir de très loin. Un univers de douleurs les sépare à présent. Un à un, Centuria se concentre sur les mots, cherchant à les comprendre puis les répéter sans faute. Les bouchées fournies roulent dans sa bouche. Prononcer de tels phonèmes n’a rien d’aisé mais le fantôme de leurs sens ancien plane soudain en elle. Comme des souvenirs anciens toujours un pas au devant de soi, les mots tombent doucement place sans qu’elle ne sache quel sera le prochain. Ses yeux se ferment. Il y est question de l’union magique de deux partis, d’un contrat originel destiné à faire passer la vie de l’immatériel au matériel. Ce qui un instant plus tôt était pour elle une tâche impossible lui vient alors avec naturel.
Et la novice termine la formule sur une voix haute et claire. Entre le Grand Prêtre et elle l’univers de souffrance dressé entre eux atteint un summum qu’il ne peut tolérer. Centuria comprend avec horreur que la chose se meurt en ces lieux. Le monstre invoqué depuis le corps de leur victime ne peut exister plus longtemps dans cette salle. Au fond d’elle la démone ressent l’écho émanant de cet être, l’appel de la forêt, des bois, des marais. Ce serviteur de Shub-Niggurath ne peut exister longtemps loin de ces domaines obscurs où il règne en maître.
Dominant le silence éphémère Goetys élève la voix au dessus du chaos d’impressions et de doutes. Elle sait que ses courtes formules sont des prières et des requêtes mais elle n’est pas certaine d’en comprendre le sens. Le Poète Fou demande-t-il quelque chose? Réclame-t-il une quelconque bénédiction, une source d’inspiration? Avant qu’elle ne mette le doigt sur la vérité le vampire termine ses brèves incantations. Les intuitions mystiques de Centuria meurent avec elles, interrompues par une explosion dégoûtante.
La vie en Kadath de la créature aura été de courte durée. Sa masse s’effondre comme des litres de jus sirupeux frappe les deux rêveurs, les nimbant des pieds à la tête. Les tentacules se scindent en frappant le sol, incapables de conserver une seconde de plus leur intégrité moléculaire. Sous les yeux de la novice il ne reste plus que des mottes de chair caoutchouteuses baignant dans plus de jus brunâtre, des brumes basses de vapeurs orangées et les ruines à demi fondues d’un grand sabot de la taille d’une brouette.




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MessageSujet: fin   Mer 24 Déc - 21:01

La cérémonie fut enfin terminée. Goetys pouvait voir sa jeune disciple pétrifier par ce qu'elle venait de voir, il espérait au fond de lui que cela ne la traumatiserais pas trop longtemps.
Elle passa ses mains sur ses yeux afin d'enlever le liquide visqueux de la bête et elle regarda Goetys fixer le cadavre de l'esclave en lambeaux.
Celui ci revint à Centuria tout en épongeant le liquide de son visage à l'aide sa manche droite.
-bien cela a marché.
-vous... ce n'est pas la première fois que vous y arriviez?
-les deux autres avaient échouées.
- ...vous.... ne me l'aviez pas dit..
-non, je ne préférais pas, tu aurais douté de toi.
-heu...pourquoi aurais-je douté ?-d'une voix peureuse-
- la première est morte, et la seconde sa santé mentale ne la pas supporter.
- vous ...vous n'aviez pas craint que cela m'arrive également?
-en réalité si...nous sommes toujours sujet à des échecs, mais je croyais en toi !
Centuria baissa les yeux au sol, pensive.
-bien… je…-elle se détourna et marcha vers la sortie-
Goetys la rattrapa en contournant l'autel de sacrifice, il lui attrapa son bras droit. Centuria le regarda, dans les yeux des larmes de sang se faisant connaître.
-qu'as tu?je viens de vous dire m'a confiance et vous avez l'air déçue! la confiance est la meilleure chose que l'on peut offrir à une personne!
-non...c'est juste...j'aurais pus mourir et... non c'est rien.
-dit Centuria!- son regard se fit insistant-
-je...non...rien...-elle enleva son bras de son étreinte et se dirigea vers une fontaine dans la pièce voisine-
Goetys hésita à la suivre , il regarda le cadavre et finalement la suivie. Celle-ci se nettoyait à la fontaine, passant l'eau sur les parties visibles de son corps , la fontaine devint rouge sang.
Elle passa le revers de sa main sur son visage, enlevant de ce geste ses larmes. Il passa derrière elle et mit ses mains sur ses épaules.
-Si tu pense que je ne tiens pas à toi, c’est faux. Il y a de grand espoir en toi. Tu comprendras avec le temps. C’est un grand privilège que je viens de te faire, je n’ai pas choisis n’importe qui, crois moi. Il fallais un lien fort entre les deux partis, je l’ai compris avec mes deux précédent échecs. Je savais que l’on réussirait…ensemble.
Il ne vit aucune réaction et la retourna, il la fixa de façon rassurante. La jeune disciple ne relevant pas son visage, il lui souleva grâce à sa main. Elle évitait son regard.
-Centuria pourras tu me pardonner ?
-…oui… désoler chef, je n’aurais pas dû… désoler. C’est vrai que c’est une expérience inoubliable. Invoquer le serviteur d’un dieux est une chose que je ne risque de ne jamais refaire.
-Tu as le droit de faire ce que tu désire ma chère. Et ne m’appel pas chef, tu le sais en plus. Les souhaits que j’ai fait étaient très importants à mes yeux, et je voulais que se soit avec toi.

Il sourit. Après une courte pause, il la serra dans ses bras malgré le liquide pustuleux sur eux. Il passa ses mains dans son dos se faisant rassurant. Centuria n’osait demandé ses vœux, cela ne la regardait sans doute pas.

Les goules se chargèrent de nettoyer la pièce voisine . Pour une fois, ils avèrent un certains dégoûts de se nourrir de cette chair. Ils cherchèrent les parties les plus propres, et soit disant très peu. Les autres étaient lancé aux flammes, laissant une odeur immonde envahir la pièce.

-nous devons nous nettoyer si nous ne voulons pas rester une semaine avec cette odeur. Même Daouai ne pourrait le supporter. –il rit - Viens avec moi, cette fontaine ne sera pas d’une grande utilité.

Il la prit par la main et l’entraîna vers une porte caché à l’arrière. Ils arrivèrent à un thermes romain de style tepidarium, un bain tièdes très reposant. On pouvait distinguer un léger brouillard au dessus de l’eau. La bain était d’une longueur d’environ 4m et de faible profondeur, laissant pied à chaque occupant, des rebords permettais aux baigneurs de s’asseoir en toute tranquillité et ainsi se détendre.

Il l’attira jusqu’ au rebord et descendis quelques marches tout en gardant sa main en sa possession. Elle le suivit sans aucune résistance, l’eau lui faisait du bien se faufilant entre ses jambes. On pouvait distinguer le jus de la bête se déverser dans l’eau. Un souhait, un seul demandé à un dieux, lequel ?
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Le Chevreau de la Chèvre Noire. (de Goetys et Centuria)
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