Forum de Kadath, un lieu de songes et de délires.
 
AccueilGalerieFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 La Malédiction de Yig. (Yig texte 2)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Goetys
Admin
avatar

Messages : 1731
Date d'inscription : 24/11/2008
Age : 42
Localisation : Québec la maudite.

Votre perso en bref.
Race: Capteur d'Esprit
Niveau: 70+
Surnom: Prince Jaune de Kadath

MessageSujet: La Malédiction de Yig. (Yig texte 2)   Dim 18 Jan - 4:11


La Malédiction de Yig.
(partie 1)


La tête pleine d’images horribles et de formules imprononçables, le Serrurier de Yog-Sothoth entre dans l’Académie. Il croise son second Solitarius assis près de la porte et le salue d’un sourire. Le Maître d’Armes lève la main mais lui fait signe qu’il est occupé, sans doute à discuter sur Terre avec un vampire ou un autre d’alliance. Le Loup Jaune le laisse donc avec ses plans et entre vers la salle centrale.
Il trouve là les jumelles de cœur la guerrière Xananka et Centuria la démone. Avec elles se reposent l'ami de Kadath Sick et le Sorcier Aragorn, un fier membres de l’Académie. Une poignée de novices assemblés autour d'eux s'écartent à l'approche du maître. Après avoir répondu aux quelques salutations, il s’avance vers son trône couvert de fourrures blanches et s’y installe, tentant de ne pas trop se soucier de son accoudoir brisé.
Depuis des jours il tente de percer le secret contenu dans les textes ramenés des dessous de Leng. Centuria l’a aidé à identifier un grand nombre des symboles et ses propres connaissances de l’occulte lui ont permises de faire sens d’une grande part de ceux-ci. Loin de tout saisir de ces secrets, une chose resterait certaine : la réparation ne sera pas aisée.


Après quelques verres et nombre de sujets d’intérêt variable, la belle Centuria interrompt son massage et se penche sur le Grand Prêtre. Celui-ci sort de sa rêverie et regarde la brunette.
- Qu’est-ce qui te ronge, mon loup. Encore ces textes?
- Oui. Je sais que cette partie de trône que vous avez ramenée détient de grands pouvoirs. Je rage de ne pouvoir la mettre en place. »
Intrigué, Aragorn demande pourquoi ne pas avoir déjà mis la pièce d’os en place. Sick soupire et répond à la place de Goetys.
- Les textes trouvés près du siège portent à croire que l’esprit d’un être puissant est lié au second trône. Le siège découvert dans les ruines de la Cité des Serpents était maudit. Utiliser la pièce arrachée là-bas sans les rites appropriés risquerait de déplaire à cette entité et d’attirer son courroux sur l'Académie.
- Mais ça fait des jours que vous êtes revenus. Combien de temps vous faudra-t-il encore?
- Hé ho, Aragorn, tu le dis si on t’embête. Goetys fait tout ce qu’il peut pour y arriver mais cette langue est éteinte depuis des centaines de milliers d’années. Tout ce que nous avons pour nous en sortir ce sont les notes partielles d’un rêveur mort depuis des années. Je t’y verrais, toi!
- Je blague, Centuria … t’énerves pas tant. Je ne fais que le taquiner, ton Goetys.
- Ça va, ma démone, » dit l’intéressé en souriant.
La cultiste recule un peu et desserre les poings, son sang battant puissamment contre ses tempes. Personne n’insulte ou ne s’en prend à Goetys, pas en sa présence.
- Viens, venez tous. Je dois vous dire quelque chose. Je partirai bientôt. »
Il fait taire les questions d’un geste amical et les prie de patienter un peu.
- Je dois aller là-bas. Je dois voir cet endroit de mes yeux, c’est le seul moyen de reconstituer les formules nécessaires avec précision. Ce n’est pas seulement qu’il manque certaines parts du texte mais une poignée des pages que j’ai en ma possession a été abîmée dans votre fuite. »
Centuria avance d’un pas, alarmée. Son visage a pâli.
- Aller là-bas. Retourner sous Leng?
- Non. Non, je ne vous demanderais jamais de retourner là-bas.
- Mais … »
Le Grand Prêtre lui fait signe d’attendre.
- J’irai seul. »
Le Prince en Jaune a cette fois plus de difficultés à calmer ses protégés. Les protestations volent de toutes part. Xananka s’oppose radicalement allant jusqu’à se placer sans s’en rendre compte entre la sortie et lui. Centuria tremble, une main sur sa nuque, marmonnant et grognant sans fléchir qu’elle ne le laisserait jamais partir seul. Sick croise les bras, fixant muettement le doyen sans défroncer les sourcils.
- Bien, » réussie-t-il à dire pour éteindre ce tumulte. « J’y réfléchirai. »
Le maître de l’Académie affirme rapidement sa prise sur les esprits de ses novices et compagnons. Leurs intellects se déploient difficilement sous ses sens aiguisés. Il y discerne leurs impressions, la trace de leurs pensées coulant d’eux comme autant de rivières. Plus résistants que les pensées fragiles des mortels, ils ne dévoilent que peu de leurs secrets sous cet examen superficiel. Il y devine toutefois aisément sa propre présence et s’efface de leurs esprits, devenant momentanément pratiquement invisible.
Quelques pas discrets l’éloignent de ses amis qui cherchent à le situer en tordant le cou. Seule la sorcière Xananka regarde presque vers lui, discernant pratiquement le bruit de ses pas.


À la sortie Solitarius lève la tête vers lui, immunisé de par son sang plus puissant aux illusions du Prince Jaune. Il est assis à même le sol, adossé au mur. Sa discussion terrestre, quelle qu’elle fut, est visiblement terminée.
- Alors tu pars en ballade?
- Tu nous as entendu?
- Non, je suis medium … »
Devant l’air amusé de son adjoint, le Grand Prêtre choisit de ne pas faire plus de commentaires à ce sujet. Solitarius toutefois insiste …
- Je suis de leur avis, tu sais. Tu ne devrais pas partir seul.
- Je les ai presque perdu tous les quatre là-bas, Soli. Je ne veux pas courir ce risque.
- Laisse-moi venir, alors.
- Tu dois rester ici. Tu dois t’occuper de nos élèves.
- Mais Hordos pourrait …
- Non. Il n’a pas tes contacts, ton grand réseau d’alliés. Si nous sommes attaqués, les autres auront besoin de toi et de l’aide que tu peux leur apporter. »
Le guerrier se lève, incertain d’être heureux de la flatterie.
- Et ce n’était pas de la flatterie, mon frère.
- Humph! Cesse de lire en moi! Tu sais que j’aime pas ça.
- Désolé mais tu a pensé si fort …
- Ouais … à d’autres. »
Goetys sourit et se retourne, descendant vers l’éveil. Le maître des bêtes l’interpelle.
- Attend! Ne pars pas seul. C’est imprudent.
- Je ne partirai que dans quelques jours. Je dois terminer mes recherches d’abord.
- Alors emmène Hordos. À deux vous saurez faire face à n’importe quoi … »
Le québécois s’arrête, se retourne.
- C’est une idée. Je promets d’y réfléchir. »

(fin de la première partie)




Dernière édition par Goetys le Mer 15 Avr - 14:50, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://academie-de-kadath.forumactif.com
Goetys
Admin
avatar

Messages : 1731
Date d'inscription : 24/11/2008
Age : 42
Localisation : Québec la maudite.

Votre perso en bref.
Race: Capteur d'Esprit
Niveau: 70+
Surnom: Prince Jaune de Kadath

MessageSujet: Re: La Malédiction de Yig. (Yig texte 2)   Lun 2 Fév - 13:10


La Malédiction de Yig.
(partie 2)


Huit jours plus tard sur l'inhospitalier Plateau de Leng ...
Le grand plateau poussiéreux est ouvert devant les deux vampires, une étendue aride brisée de façon irrégulière par quelques îlots bas faits de pierres aux angles arrondis par les ans, érodés par les vents. Depuis le sommet d'un de ces amoncellements de rochers, Hordos et Goetys observent le paysage sillonné de crevasses.
Le Prince Jaune remballe avec précaution le parchemin qu'il tenait devant lui. La vieille charte rangée dans l’étui accroché à sa ceinture, il désigne du doigt une faille de taille considérable.
- Si on en croit ce résumé des récits de voyage de Carter voilà l'entrée des cavernes. »
Hordos le Sanglant acquiesce de la tête et se met en route. Il y a déjà plus de dix heures qu'ils ont quitté l'Académie et le Prêtre sait que le ciel n'attendra pas pour libérer le soleil de son tombeau. Derrière, Goetys lui emboîte le pas sans plus de commentaire.
Rejoindre les lèvres craquelées de la faille leur prend près d'une heure de plus. Lorsqu'ils en atteignent enfin les bords le ciel presque enflammé leur est dangereusement hostile. Malgré leurs épais vêtements et leurs lunettes noires, les deux Damnés sentent sur leur peau la cruelle morsure du jour qui approche. Conscients que d'ici un moment l'astre de feu percera l'horizon, ils ne s'attardent pas et plongent immédiatement entre les ombres fraîches du précipice.
L'Absorbeur atterri douze mètres plus bas sur une crête rocheuse tandis que son vieil ami heurte un médium beaucoup plus tendre. Le Loup se retrouve vite collé à un ensemble de longs filins collants, chacun du diamètre d'un doigt. Grâce à sa grande force (et le confort de ses bijoux de Titane) il se déprend vite de ces nuisances et rejoint Hordos d'un bond.
- Des toiles d'araignées de Leng, » s'enquiert le Grand Prêtre sans beaucoup de surprise?
- Oui, et celles d'une bête de très grande taille. »
Il prend une des cordes de soie gluante et l'observe de plus près.
- Je crois qu'il s'agit de soie de femelle. Tu vois comme le trait est translucide? C'est bon signe. La chitine et les protéines de ces monstres rendent normalement leur fil d'un blanc-bleu laiteux. Mais pas ceux-ci ce qui signifie qu'elle est sur le point de pondre.
- Et?
- Et une araignée de Leng sur le point de pondre est beaucoup plus lente, ses réflexes moins vifs.
- Y'a-t-il une mauvaise nouvelle?
- Comme toujours ... Enceintes, ces choses sont aussi plus voraces et acharnées. »
Le Loup lève une coupe imaginaire en salut au Destin et parle d'une voix plus feutrée.
- Quelle chance! Mieux vaut tenter de se glisser jusqu'aux cavernes sans déranger la chose. »
Hordos acquiesce en silence tout en dégainant ses deux armes à feu.
Quelques bonds leur permettent de rejoindre aisément le fond du gouffre. Ici le canyon semble bleui par les ombres, la nuit toujours accrochée aux pierres. De part et autre du défilé étroit s'ouvrent des cavernes circulaires aux bords sculptés de motifs grossiers. Des filets de toiles anormalement grands ferment complètement certains accès, en laissent d'autres à peine plus dégagés. Près des deux vampires, les restes pulvérisés d'un cimeterre autrefois ciselé avec art rappellent aux deux morts-vivants qu'ils ne sont pas les premiers à descendre ici.
Goetys fait signe à son ami de le couvrir tandis qu'il avance prudemment vers l'accès circulaire le plus proche. Les sens aux aguets, il déchire l'épais rideau de toiles et s'aventure dans le terrier de l'énorme arachnoïde. Il progresse, cherchant en vain à ne pas se remémorer tout ce qu'il a lu sur ces monstres.


Après moins de cent pas dans ce boyau arraché à la pierre de Leng la pente devient plus raide, descendant vers l'inconnu. Les yeux des deux amis s'accoutument de leur mieux aux ténèbres toujours plus épaisses mais même ces sens surnaturels ne leurs suffisent bientôt plus. Alors seulement Hordos sort de son sac un paquet de trois cyalumes. Il prend un bâton du bout des doigts, le secoue rapidement et le craque afin d'en faire jaillir une pâle lumière jaunâtre. Il le tend rapidement à Goetys avant que ses dons d'Absorbeur n'en drainent malgré lui les effets.
Ils progressent à pas feutrés, conscients que faire face à un ennemi de la puissance d’un des monstres de Leng dans leur habitat naturel n’a rien de bien enviable. Bientôt, seules les occasionnels restent mâchonnés de quadrupèdes de la taille de poneys brise l’angoissante monotonie du décor. Sous le sol balayé par les vents ces tunnels semblent se croiser à l’infini.
Le Loup de Tindalos est tendu. Il voit des risques derrière chaque ombre et imagine cent dangers à chaque tournant. Dans ce silence même le murmure discret de Hordos semble trahir leur position.
- Goetys. Tu as entendu ? »
Le sorcier s’immobilise, cherchant le bruit deviné par son ami.
- Non je … »
Mais avant qu’il ne puisse achevé son idée le roulement de pierres devant lui crie à son instinct de sauter de côté. Rapide comme un fauve, le Grand Prêtre roule sur son flanc, échappant la seule source de lumière afin de mieux saisir son second poing américain. Son esquive rapide lui permet de n’être touchée qu’à demi par la masse visqueuse projetée vers eux. Hordos n’a pas cette chance. Moins rapide, il est frappé de plein fouet par le crachat engluant.
Une fraction de seconde permet au Prince Jaune de puiser en lui la force mystique de ses bijoux de Titane et de briser les liens blanchâtres. Il avance juste à temps pour barrer la voie à une horreur gigantesque. La chose est telle une montgolfière de chaire grise aux accents d’un rose malade. Sa peau caoutchouteuse est si tendue sur ses chairs boursouflées que celle-ci semble sur le point de fendre. Voyant le guerrier elle avance devant elle quatre de ses huit pattes couvertes d’écailles chitineuses et terminées par des pics noirs et acérés.
Sans attendre Goetys fonce vers le monstre mais les mouvements rapides des membres écailleux l’empêchent de rejoindre le corps gonflé de la bête. En fait il a peine à esquiver lui-même les assauts agiles du mastodonte. Deux bonnes déchirures ouvrent déjà son armure sur l’air asséché. Des gouttes rosées perlent à son front. Malgré ses innombrables esquives, le Prince Jaune de Kadath sait qu’il perd du terrain ; si rien ne change, les multiples éraflures infligées par l’araignée finiront par venir à bout de lui.
Derrière la joute Hordos rage contre les fils collants. Incapable de rompre la trame de cette toile, le vampire décide de changer de tactique. Il fait appel à une once de calme et cesse de se débattre. Tous ses instincts lui crient de lutter pour sa vie mais il trouve en lui une qualité difficile à puiser vu la situation, la paix. Les yeux clos il laisse ses doigts frôler une des cordes étranges. Il compte, insensible aux cris de Goetys, au grondement du monstre comme au monde troglodyte hostile qui l’entoure.
Le Loup de Tindalos se cabre pour éviter un nouveau jet de toiles. Dans sa torsion il devine derrière lui un spectacle étonnant. Hordos est toujours dans le piège gluant mais les filins de celui-ci semblent moins clairs, presque avachis contre lui. Les traits autrefois blancs sont maintenant gris, leurs forces et leur sens absorbés par le mort-vivant. Un sourire passe sur les traits de Goetys comme il revient vivement face à son ennemi. D’ici peu la balance pencherait de son côté.
Mais ce court instant d’inattention permet au monstre octopode de prendre le Grand Prêtre par surprise. Plutôt que de tenter de l’embrocher l’araignée fait cette fois un mouvement large de côté et attrape le vampire qui ne voit venir l’assaut. La patte le frappe par derrière et l’entraîne vers la base de son énorme abdomen à la base duquel remue un grand plis de peau. Roulant dans la poussière et les restes d’anciens repas, Goetys voit à peine le long dard huileux de sécrétions toxiques émerger de la fente frémissante.
Deux des pattes chitineuses le plaquent au sol, face contre terre. L’odeur rance du poison envahit ses sens aiguisés mais avant qu’il n’ait l’occasion de craindre sa fin le crépitement des armes à feu déchire la scène.
Le visage penché sur sa proie soudainement éclairé par le feu des armes d’Hordos est affreusement loin de celui d’un insecte. La douleur qu’y lit Goetys est presque trop humaine. La chose recule rapidement et le moment suivant l’absorbeur est là au-dessus de son compère, ses armes levées crachant la mort vers son ennemi.
S’il avait un moment considéré l’humanité de la chose, le cri que pousse le monstre ramène vite Goetys à la réalité. Son dernier hurlement de douleur fait grincer les dents des vampires tant il s’éteint sur un son presque métallique. L’écho de ce gémissement semble hanter de longues secondes les murs de pierre plus profondément que ne peut le concevoir pleinement l’esprit humain.


- Un coup de pouce, » demande Hordos à son ami en lui tendant la main.
- Merci.
- Vilaine bestiole, non ? »
Les deux regardent un moment la chose inerte. Goetys ramasse le tube de lumière et éclaire ses restes malodorants. Une dizaine d’orifices de la taille d’un doigt laissent s’écouler une graisse olivâtre sur sa panse gonflée. La mauvaise perception de la bête en aura fait une cible facile pour le gunner. Le Grand Prêtre ne peut que bénir les Autres Dieux que la face de son ennemi soit face contre terre.
- Oui, en effet. Une chose effrayante… Mais n’oublions pas que c’est nous qui étions ici les intrus. »
Il pousse une des pattes du pied.
- Et puis tu as toi-même dit qu’elle était enceinte … »
Hordos se retourne vers Goetys, soudainement conscient d’un détail intéressant. Avant que le Prince Jaune ne puisse le questionner, Hordos lui fait signe d’attendre et s’avance vers la dépouille. Il dégaine sa longue dague et l’enfonce dans le ventre de la chose inerte.
- Mais … que fais-tu ? Nous n’avons pas le temps pour les trophées, Hordos. »
Mais Hordos ne lui lance qu’un gruph affairé en tailladant le monstre. Avant peu de temps le vampire est couvert de graisse verte pâle et de sang d’un brun tout aussi odorant que gommant. Goetys est sur le point de le sommer de cesser lorsque le gunner trouve enfin ce qu’il cherchait.
- Plusieurs ont explosé à la mort de l’araignée mais ces trois-ci ont peut-être survécu, » dit-il en se retournant, les main en berceau autour de trois sphères rouges chacune de la taille d’un tout petit poing. « Vite ! Prends-les, mes dons d’absorbeur drainent rapidement ces trois petites vies. »
Le Prince Jaune s’exécute à contrecœur. Si près de la lumière les orbes semblent translucides. On peu deviner des formes plus opaques remuant dans deux d’entre eux, quelque chose entre pieuvre et arachnoïde.
- Et je fais quoi avec ça ?
- Je ne sais pas mais une chose est certaine : se procurer des œufs d’araignée de Leng est foutument difficile. J’ignore à quoi ils vont servir mais je me dis qu’ils risquent fort de valoir un max aux échoppes des petits hommes cornus qui sillonnent Leng.
- J’imagine … »
Le sorcier empoche délicatement les trois œufs et fais signe à Hordos de continuer le long du tunnel. Celui-ci essuie rapidement le plus gros des sucs et fluides internes du monstre avant de poursuivre.

(... Fin de la seconde partie ...)


Revenir en haut Aller en bas
http://academie-de-kadath.forumactif.com
Hordos

avatar

Messages : 9
Date d'inscription : 27/11/2008
Localisation : Ville maudite de Québec

MessageSujet: 3ieme parti de la mal de Yig   Dim 8 Fév - 21:54

La Malédiction de Yig
(3e parties)


Depuis maintenant un bon moment, Goetys et Hordos marchèrent ardûment dans ces cavernes sinueuses et inégales. La descente était éprouvante, chutes et écorchures sont fréquentes dans cette pénombre. Les deux vampires durent rebrousser chemin à plusieurs reprises car leurs parcours finissaient souvent en passages trop étroits ou en cul de sac.
- Hé Hordos! Tu es meilleur guide que ça normalement, que se passe-t-il ? » Lui demande le Prince Jaune.
- Grr, j’aurais plus de facilité si j’avais des traces a suivre, il y en a aucunes et soyons franc les grottes ne sont pas ma spécialité. » Lui répond sont ami. Les deux aventuriers restèrent muets pendant un long moment, espérant sûrement que l’instinct et la concentration soient plus faciles à conserver.
Après encore deux heures dans cet endroit inhospitalier et en seulement le temps de vider à sec un humain des nuances subtiles dans le décor commencèrent à changer. La caverne faisait 10 mètres de largeur et de hauteur. Le degré d’humidité a augmentée à un taux désagréable, une odeur de moisissure flotte dans les airs. Des stalagmites d’environs 30 centimètres encombrent leur chemin, et les stalactites nous mouillent de leurs gouttes d’eaux minérales à intervalle régulier. D’étranges champignons poussent a profusions, certains avait la taille d’arbuste.
Goetys s’arrête voyant que Hordos scrute les ténèbres à l’affût. Le Sanglant plonge dans la noirceur d’un bond. Le capteur d’esprit, inquiet et vexé, avec un petit bâtonnet lumineux en main et son point américain dans l’autre, s’avance pour rattraper Hordos. La légère clarté fini par rattraper l’absorbeur qui tient un gros rat dans sa main gauche.
- Elle est vraiment partout cette vermine… En veux-tu une gorgée? » Demande Hordos en le portant à ses lèvres.
Une expression de dégoût subtil ornait la bouche du Prince Jaune.
- Non merci, je n’ai pas si soif, de plus il me reste du sang humain dans mes affaires. »
- Tu ne sors pas assez souvent de la ville mon cher Goetys. » Lui dit le sanglant avec un petit sourire taquineur et en jetant le rat mort par-dessus son épaule qui tombe dans une grosse talle de champignons roses couvert de veinures rouge.
Le buisson fongiforme se mit à remuer frénétiquement et d’un mouvement vif, il pris Hordos par le coup avec l’une de ces tiges. Surpris ce dernier fait un pas de recule pour avoir un angle et un contre poids mais s’enfarge dans un stalagmite et tombe dans le tas de champignons. Goetys fus étonné lui aussi mais encore plus quand il remarque le visage de son ami, c’est le même visage que c’est victime ont quand il les boit. Sans perdre un instant le Grand Prêtre s’approche et attrape la main d’Hordos et le tire vers lui. Une résistance surpris Goetys mais la force de celui-ci sorti son ami facilement de se faux pas. Le Sanglant porte bien son nom en cet instant, complètement couvert de sang. Il se concentre et réabsorbe le tout avec un regard furieux pour le buisson et de remerciement pour son ami.
Les deux se regarde abasourdis, soudain Hordos souris en regardant les champignons.
- Vois-tu une certaine ressemblance, Goetys? On dirait un de nos très très vieux ancêtres. Si le titre de Grand Prêtre va avec l’âge je crois que nous nous sommes trouver un nouveau chef. Hé Hé. »
Goetys regarde Hordos déconcerté par l’humour de série B qu’il vient d’entendre.
- Nous devons en rapporter à l’académie. » Dit le Prince Jaune à l’humoriste du dimanche.
- Oui, cela nous changera de nos repas habituels. »
- Non, non ... pour faire de la recherche, Hordos. »
- Ah. » Avec un air déçu.

Après avoir pris un morceau du champignon vampirique, Goetys et Hordos reprirent leur chemin. Plusieurs heures passèrent à sillonner le réseau de grottes complexes après quoi les deux vampires s’arrêtèrent pour un petit repos bien mérité.
La grotte choisie pour la halte est grande, dépourvu de champignons et comme beaucoup de cavernes dans les environs, elle finit avec un plancher d’eau. Il y a probablement eu, des milliers d’années auparavant, un tremblement de terre qui a libéré de l’eau et l'a enfermée dans un bassin souterrain qui inonda les grottes des environs.
- Ne le prend pas mal Hordos mais il me semble que nous tournons un peu en rond depuis quelques heures. » Murmure amicalement Goetys, tout en débouchant une des fioles de sang qu’il lui reste.
- Je sais mon ami, mais je suis convaincu qu’il faut aller dans cette direction et toutes les grottes que nous avons vues dans ces deux heures sont inondées. Je commence à me décourager. »
A se moment, le petit bâtonnet luminescent rendit l’âme, les deux aventuriers se retrouvent dans le noir. Étrangement, Goetys voit toujours la silhouette d’Hordos qui se trouve dos au trou d’eau qui est dans le fond de la grotte.
- Avant d’allumer un autre petit bâtonnet Hordos, retourne-toi et regarde le fond de la grotte. Dit le Prince Jaune de Kadath avec un soupçon de joie dans sa voix. »
- Oui mais je voie ri… »Dit Hordos en se retournant. « Eh ben, il faut le voir pour le croire comme on dit. Attend moi ici Goetys. » Avec empressement, l’éclaireur retira son bagage inutile pour se qu’il allait faire.
- Je reviens dans cinq minutes. » Dit Hordos en plongeant dans l’eau.

Goetys soupira en pensant que son ami sera toujours aussi impulsif. Il se dirigea, à tâtons, jusqu’au sac laissé sur le sol et sort un bâtonnet, tourne le bout pour mélanger les deux liquide et le secoue. La lumière inonde la pièce.
Après deux minutes le Grand Prêtre décida de méditer en attendant le retour d’Hordos. Un long moment s’écoula avant que sont ami revienne à ses cotés. Le Sanglant réapparut par l’entrée de la grotte et vit Goetys sur ses gardes qui l’observait curieusement.
- Je crois que ça y est! Fais sûr que tout ce qui ne doit pas être mouillé soit bien enveloppé. Nous devons aller nous baigner. » Lança Hordos a son ami.
- Je m’excuse mais tu arrives par les grottes que nous venons de visiter et tu dis que c’est le bon chemin ? » Questionna Goetys.
- Oui je sais, fait-moi confiance. » Lui dit-il.
Après quelques instants à se préparer les deux vampires s’enfoncent dans l’eau. Ils marchent comme s'il étaient à l’air libre, seulement moins vite dû à la résistance de l’eau.
- Je me demande… si l’humidité va… encore augmenter, je commence à… faire de l’ostéoporose moi. » Ballounna Hordos avec un sourire simplet.
Le Prince Jaune roule des yeux, avançant en s’aidant de ses mains sur la paroi rocheuse. Pendant plus de 50 mètres les deux sous-marins sanguinaires suivent le chemin en légère pente descendante et la même longueur en pente montante; le seul changement discernable est une légère lueur verdâtre qui augmente. La grotte finit par déboucher sur une immense partie de caverne encore inondée d’où ils peuvent voir une multitude de grottes qui y débouchent pareille a la leur.
Hordos fit signe à Goetys de le suivre et commence à nager vers la surface.

Ils sortent leurs têtes de l’eau pour apercevoir une immense caverne, illuminée par une mousse verte qui pousse par plaque. Les parois sont truffées de grottes, des minuscules, des pansues, des fines et des larges, un gruyère en serait jaloux. D’un regard un peu perdu nos deux aventuriers admirent l’étendu des choix qui s’offrent à eux et la magnificence de cet endroit. Un ruissellement d’eau au reflet verdâtre glisse sur l’une des parois à leur droite pour finir dans le lac d’où ils viennent de sortir, ce qui leur rappellent qu’ils sont tout tremper.
- Je propose de nous installer ici et de faire un feu, si on trouve quelque chose à brûler. » Suggère Goetys le mouillé.
- Bonne idée. Je dois nettoyer mes Uzi et reprendre le voyage avec 10 livres d’eau en moins serait agréable. Oh regarde! Des champignons séchés, ça doit brûler ça ?» Dit Hordos le trempé.

Le feu brûle depuis plusieurs minutes déjà. Goetys et Hordos, en calçons, se sèchent avec leurs vêtements tous bien en rond autour de la source de chaleur. Une fumée jaunâtre et nauséabonde comme une moisissure sèche émane du feu. Le Sanglant nettoie ses armes avec une étrange concentration pendant que le Prince Jaune rajoute du combustible au feu avec une crainte respectueuse. Il regarde les formes ondulatoires de la fumée formant des motifs en constantes transformations.
Soudain, Hordos comme un fauve à l’affût lève son regard dilaté.
- Nous sommes surveillés, Goetys. J’ai l’impression d’absorber une multitude de présence. Je crois que ça vient des grottes de la paroi. » Murmure l’intoxiqué.

Hordos saute sur ses jambes avec ses deux Uzi et s’avance un peu pour être dans une meilleure position. Il se rappelle soudain que l’une de ses armes est a moitié remontée et la laisse tomber. Goetys se lève tranquillement, les yeux minces comme s’il regardait le soleil.
- Ha ha ha, hé le Sanglant, hi hi, ça fait vraiment sérieux ton affaire, ha ha, en calçons comme ça ! » Ricane le fumeur de boucane jaune.
- C’ n’est pas drôle. Je sens vraiment plusieurs présences, ils nous observent. » Répète un parano.
Hordos regarde Goetys d’un mauvais œil et voit la figure de son ami changer, passant d’un sourire amusé en un visage déconcerté. Le Sanglant se retourne pour voir se que Goetys observe. Une cinquantaine de créatures étranges envahit l’immense caverne qui soudainement semble beaucoup plus petite. Hordos s’approche de ses affaires pour prendre son katana, se disant qu’avec la quantité d’ennemi présent il est pratique d’avoir une arme qu'il n’aura pas besoin de recharger.

Les bêtes se regroupent en vol plané à une distance respectueuse mais avec une allure menaçante. Ces êtres ont des grandes ailles maladroites attachées à leur corps fait en longueur. Six pattes y sont accrochées avec des coudes renversés, leurs bouts pointant vers le haut. Une fois touchés terre ils se reposent donc sur leurs six coudes. Le plus étrange sont leurs têtes, une espèce de boule recouverte de cheveux drus, comme un pompon de tuque mais proportionnel au reste de leur corps. Ces boules de poils changent perpétuellement de couleurs, passant du rouge au bleu, du vert à l’orange et souvent toutes ces couleurs a la fois.
Une étrange synchronisation de ces couleurs laisse croire au pire, pense Hordos les yeux dilatés. Les bêtes semblent laisser certaines s’allumer pendant que d’autres restent éteintes et s’échangent respectueusement le flambeau.
- Je prend les 45 de gauche et toi les 5 de droite. » Baratine le Sanglant.
- Attends, sois un peu sérieux Hordos. Ce n’est pas le temps de faire des bêtises. Ces créatures sont des Mi-Go, et malgré leur allure de moustiques ils ont une intelligence ressemblant à celle des hommes. Regarde leurs échanges de couleurs, si je me souviens bien c’est leur méthode de communication. Fais-moi confiance.» Dit Goetys d’une voix rassurante.

Goetys s’avance après avoir déposé ses armes. Le sanglant crispe sa main autour du manche de son katana. En cet instant Hordos recule d’un pas, certain d’halluciner. Le Prince Jaune tend ses bras vers l’avant, paumes vers le haut, les coudes un peu pliés, donnant une légère impression de ressemblance à l’une de ces bêtes. Il se concentre plus encore et prend de la prestance. Le Sanglant voit alors son ami prendre un pied de hauteur et de largeur, mais sans rendre sa présence menaçante. Un imposant respect émane du Prince Jaune.
L’une des bêtes commence à se colorer puis s’arrête pour un instant, recommence et s’arrête de nouveau. Hordos comprend vite que Goetys lui parle. Une dizaine de minutes s’écoulent quand tout-à-coup les cinquante Mi-Go se mettent à se colorer tous en même temps. Hordos sent sa nervosité remonter d’un cran, mais réalise soudain que les bêtes donnent l’impression de rire aux éclats.

Les deux aventuriers sont maintenant séchés et habillés. Ils suivent avec difficulté deux Mi-Go qui leur montre le chemin à suivre pour se rendre dans les jardins du Peuple Serpent. Les deux vampires rigolent tellement qu’ils en ont mal au ventre.
- Ces foutus champignons pfhi hi, ont auraient dû en ramener de ça aussi. Ha ha ha. » Bidonne le Prince aux Vapeurs Jaunes.
- C’est cinq fois pire que tantôt pfha ha. J’ai hâte que ça finisse. » Dit la Hord larme a l’oeil.
Par chance que les deux amis ont maintenant des guides car le chemin est ardu. Ça leur aurait pris beaucoup plus de temps sans les deux Mi-Go. Une odeur de pollens chatouille les narines des vampires. Le duo de Mi-Go se retourne et celui de gauche dit d’un voie gutturale : « Vous êtes arrivés dans les jardins. »
Hordos s’avance quelque peu pour voir et Goetys reste pour remercier les deux guides. Ce dernier fini ses marques de politesse et se retourne pour rejoindre Hordos. Ils escaladent une demi heure en montant vers la lumière pour finalement arriver dans ces jardins tant recherchés.

(fin de la 3ieme parti)


Revenir en haut Aller en bas
Goetys
Admin
avatar

Messages : 1731
Date d'inscription : 24/11/2008
Age : 42
Localisation : Québec la maudite.

Votre perso en bref.
Race: Capteur d'Esprit
Niveau: 70+
Surnom: Prince Jaune de Kadath

MessageSujet: Re: La Malédiction de Yig. (Yig texte 2)   Lun 9 Fév - 16:13



La Malédiction de Yig.
quatrième partie


Après cette rencontre étrange avec les insectes fongoïdes, les deux amis débouchent dans l’immensité des jardins du Peuple Serpent dans un meilleur état qu’ils ne l’avaient espéré. L’intrigante luminescence des lieux leur permet d’économiser un peu leur dernier bâtonnet de lumière artificielle. Quelques minutes de marche dans cet endroit plus aéré épuisent heureusement les vapeurs euphoriques.
Plus composé, le Prince Jaune explique en marchant à Hordos que plus encore de leur fournir des guides, les mineurs de Yuggoth lui avaient légèrement expliqué l’état du conflit entre les ophidiens et les leurs. Opposées depuis des dizaines d’années dans la domination de ces cavernes, les deux races cherchaient chaque jour à repousser un peu plus les frontières de leur territoire. Les Mi-Go lui avaient raconté avec honneur qu’ils étaient sur le point de repousser leurs ennemis jusqu’aux lèvres d’un grand gouffre où ceux-ci ont installé leur dernière retraite. Les jardins étaient donc vide de plus de dangers.
- J’ai même eu l’occasion d’apprendre quelques mots de base du dialecte Valass’Ssaseh, le langage du Peuple Serpent, » précise le sorcier en souriant. « Je comprends mieux certains des textes maintenant. Dommage que nous n’ayons pas eu plus de temps. »
Hordos grogne.
- Une autre fois. J’ai soif.
- Moi aussi. Tu as raison. Nous sommes restés assez longtemps là-bas. »

Les aventuriers de Kadath parviennent donc près du temple principal des jardins sans rencontrer âme qui vive. Venus par une autre voie, ils abordent l’édifice encastré dans la paroi par une entrée différente de celle empruntée par les quatre précédents visiteurs et pénètrent le colosse d’architecture par une arche aux dimensions cyclopéennes.
Cette première chambre est vaste. Elle mesure plus de cent pas de large et au moins le double en profondeur. De grands piliers de pierre blanche sont encastrés dans les parois de ce hall interminable avec une régularité qui n’avait rien de symétrique. Les pieds de ces colosses s’évasent et se fondent dans le sol dallé d’hexagones noirs. L’ensemble semble presque organique, décoré de toute part de sillons serpentants. L’endroit est sinon vide. La seule lumière qui baigne ses lieux est déversée par de hautes fenêtres étroites percées presque au sommet des murs.
- Allons, » fait Goetys en désignant d’un geste le fond de la salle. « Trouvons ce trône. »
Hordos lui répond d’un signe de la tête, ses poings fermés sur ses armes à feu.
Parvenu au centre des lieux, le Prêtre croit remarquer un bruit de glissement derrière eux et fait signe à Goetys d’attendre un peu. Les deux attendent aux aguets quelques longues secondes mais comme le silence est à présent parfait ils choisissent de faire fi du son et de poursuivre leur chemin. Quoi qu’ait entendu Hordos, la chose semble s’être éloignée.
Au bout de ce hall s’ouvrent deux arches chacune menant vers un couloir étroit. Le corridor de gauche descend en pente douce vers les profondeurs de l’immeuble tandis que l’autre continue droit devant, restant sur ce même palier. Comme les quatre aventuriers n’avaient pas descendu plus bas lors de leurs investigations, les deux aînés choisirent de d’emprunter le second accès et s’enfoncèrent vers le cœur de ce sanctuaire.
C’est après avoir zigzagué un bon moment dans un véritable labyrinthe de couloirs et de rampes d’accès qu’ils parvinrent devant une salle plongée dans les ténèbres. Goetys craque alors un nouveau bâton lumineux et les deux amis entrent dans la grande pièce où les attend le trône de Yig.

Sur les murs de cette salle oubliée par le temps sont dessinées des fresques étrangement bien préservées. Certaines couleurs paraissent presque neuves, appliquées voilà quelques jours au plus. Des orifices de la taille d’un poing percent régulièrement les parois peintes, distribués sans logique discernable. Le sol y est couvert de sillons serpentants comme si ce labyrinthe de canaux avait autrefois été une singulière œuvre d’art aquatique. Il n’y a nulle fenêtre ici. Seule la lueur blafarde du bâton de lumière illumine les lieux.
Hordos avance le premier, armes au poing. Les deux vampires marchent lentement. Le Sanglant guette chaque coin d’ombre tandis que le regard du Grand Prêtre s’accroche à chaque détail, chaque sculpture, chaque angle de la pierre.
Lorsqu’ils atteignent l’autre extrémité le Capteur d’Esprit fait signe à son ami d’attendre derrière. Le siège est là, si dissemblable du trône offert au nouveau Gardien de Kadath et pourtant en tout point son frère. Les panneaux de bois ornés de la réplique située à l’Académie sont ici faits de plaques d’os ouvragés. Les lignes de fioritures sont ici des colonnes de runes ophidiennes aux significations occultes. Mis à part l’accoudoir gauche arraché par ses élèves quelques semaines plus tôt le meuble semble intact.
Le Prince Jaune sort vite crayons et papiers de son sac et se lance dans la copie de ces écrits mystiques. Il observe les glyphes tracées dans le sol tandis qu’Hordos, toujours aux aguets, ramasse les quelques pages oubliées par l’expédition précédente. Les secondes deviennent des minutes et les minutes s’accumulent vite en une heure ou plus de copie et de recherches.

L’Absorbeur s’inquiète mais attend docilement, conscient que de presser Goetys ne fera qu’étirer son long travail de précision. Il marche autour du site à la recherche de d’avantage de feuillets égarés mais n’en trouve aucun. Grâce à ses sens aiguisés la timide lueur utilisée par le Grand Prêtre suffit à éclairer son chemin jusqu’au fond de la salle. Là, il remarque qu’une substance huileuse et opaque coule doucement d’un des orifices muraux. À mi-chemin entre ténèbre liquide et mélasse, la coulée a déjà léché le mur pour ramper lentement le long d’un des canaux qui courent sur tout le sol de la pièce.

- Hordos? »
La sentinelle regarde le mystique, n’espérant qu’à peine l’entendre lui dire qu’il a enfin terminé. Le Poète Fou est accroupi derrière le siège.
- Viens ici je te prie. Je crois avoir trouvé quelque chose, un compartiment. »
Le gunner laisse un moment sa découverte et trotte vers Goetys. Arrivé devant le panneau arrière il repère vite la section désignée par son ami. Ce dernier a tenté d’extraire la plaque d’os ouvragée afin d’ouvrir une cache située sous le corps du meuble mais ses efforts n’ont jusqu’ici porté aucun fruit. Le Sanglant dégaine une lame qu’il tend à son compère.
- Essaie avec ça.
- Merci. Tu reconnais ces symboles, » lui dit-il en montrant un ensemble de lignes complexes?
- Non. On a des problèmes?
- Non. Je ne crois pas. Enfin j’espère … Il s’agit de signes affirmant une certaine corrélation entre le culte du dieu préhistorique Yig et Hastur, l’Indicible maître des voyages interplanétaires.
- Mais que font les signes de deux Grands Anciens placés ainsi côte à côte?
- Je ne sais pas. Le trône est voué sans contredit à l’ancien maître du Peuple Serpent. Je crois que seul ce compartiment est placé sous la protection d’Hastur. »
Hordos regarde autour de lui les nombreux signes occultes dessinés sur le sol. Il y reconnaît des glyphes de protection mais sans pouvoir en comprendre l’origine ou le but exact. Il pointe l’assemblage du bout d’une de ses armes.
- Et ceci?
- Ces symboles furent dressés pour empêcher les pouvoirs malins de traverser le périmètre de ce cercle. Il s’agit d’une des plus puissantes barrières magiques que j’ai eu l’occasion de contempler.
- Plus puissante que le Mur de Thoth? C’est qu’on en a sué un coup cette fois-là, en Ontario.
- Non. Le Mur de Thoth c’était autre chose, un sortilège inventé par les hommes basé sur les travaux des Choses Très Anciennes. Non Hordos, cette fois ce sont des barrières de loin plus puissantes, originaires des expériences tordues du Peuple Serpent. Ce que nous avions vu en Ontario avait dû nécessiter des heures de travail à créer. Ceux qui ont élevé ces barrières-ci ont travaillé durant des jours, voir des semaines. »
La sentinelle siffle un long coup, impressionné.
- Ils désiraient le protéger leur Trône!
- Non, pas nécessairement. Ces protections ont été conçues pour se protéger du Trône.
- Se protéger de lui?
- Oui. Connais-tu bien ton histoire préhistorique?
- Bah … assez je crois.
- Le Peuple Serpent adorait originellement un Grand Ancien reptilien nommé Yig. Certains racontent même que ce dieu serait à l’origine de toute vie reptile sur Terre.
- Oui, je connais. Et ces ophidiens auraient tourné le dos à leur maître après avoir été vaincus et repoussés sous terre par leurs ennemis. Fou de rage Yig aurait alors maudit ses enfants ce qui aurait causé l’extinction quasi-totale de leur race.
- Exact! Enfin presque. Les prêtres et alchimistes du Peuple Serpent n’ont pas simplement abandonné le culte de Yig. Ils l’ont écarté au profit d’une autre entité, un monstre ayant beaucoup plus d’influence sur le monde souterrain où ils avaient été repoussés : l’ignoble Dieu Crapaud, Tsathoggua. Ce changement de foi leur fut fatal.
- Alors ces sortilèges de protection sont conçus pour …
- … pour empêcher la terrible malédiction du Père des Serpent de s’étendre sur ces lieux. »
Hordos regarde autour de lui le bâtiment sous un nouvel angle. Il ne peut retenir un frisson inquiet.
- Alors nous ne sommes pas ici dans un temple dédié à Yig? C’est ça? »
Goetys acquiesce gravement.
- Nous devons être non loin des cavernes de N’Kai où existe le monstre crapaud et les siens. Ce temple est sans nul doute consacré pour la gloire de l’ignoble Tsathoggua. Et crois-moi … ceci ne m’inspire rien de bon. »
Une raideur s’empare de Hordos. Le courageux cryptozoologue de Kadath sent une crainte innomée le traverser. Quelque chose lui échappe et il le sait mais il ne peut mettre le doigt sur ce détail qui le torture pourtant. Il n’en est que trop heureux lorsque Goetys l’enjoint de se presser. Rester trop longtemps ici leur portera malheur, il en est certain.


(à suivre dans un moment ... trop long)

Revenir en haut Aller en bas
http://academie-de-kadath.forumactif.com
Goetys
Admin
avatar

Messages : 1731
Date d'inscription : 24/11/2008
Age : 42
Localisation : Québec la maudite.

Votre perso en bref.
Race: Capteur d'Esprit
Niveau: 70+
Surnom: Prince Jaune de Kadath

MessageSujet: Re: La Malédiction de Yig. (Yig texte 2)   Lun 9 Fév - 16:16



(suite ... désolé pirat )


Les deux sorciers s’activent donc en silence. Lorsque la plaque cède enfin et qu’on ouvre le panneau sculpté, Goetys en ressort un paquet de soie jaune. Il déplie le tissu et voit un masque délicat fait de nacre et d’or blanc. Des visages torturés semblent en composer le détail, des faces tourmentées rappelant aux deux vampires les revenants plaintifs de leurs proies passées.
- Qu’est-ce que c’est, Goetys?
- Je l’ignore mais s’il était caché dans ce siège ce doit être un objet fort important. »
Le Prince Jaune replis rapidement le tissu et empoche délicatement le masque.
- Nous y reverrons plus tard. J’aimerais revoir certains symboles avant de quitter. Je ne suis pas certain d’avoir tout recopié et comme je ne voudrai pas revenir ici autant s’assurer de bien faire notre travail. »
Hordos pince les lèvres.
- Fais vite alors. »

Hordos se retourne. Cette fois il en est certain. Quelqu’un vient de chuchoter non loin d’eux.
- Goetys? C’est bientôt fini?
- Oui oui … encore un moment.
- Qu’un moment alors … »
Une main sur un Uzi savamment modifié, l’autre sur une lame affûtée, le Sanglant laisse son regard caresser la salle. Personne.

- Goetys! Allez! »
Le Grand Prêtre lève une main pour toute réponse, absorbé par un ensemble de symboles onduleux.
- Non. Maintenant! Quelque chose est ici, je te dis!
- Il n’y a rien je te le répète. Ça fait trois fois que tu fais le tour des lieux. Y’a rien. »
Son ami lève les bras vers un ciel pourtant à des kilomètres au dessus d’eux.
- Et si c’était invisible? Tu y as pensé? »
Goetys soupir et se tourne vers Hordos. Il est sur le point de contester lorsqu’un mouvement rapide derrière son ami attire sont attention. Il a tout juste le temps de sauter de côté pour éviter l’attaque soudaine, espérant que son expression de surprise soit un avertissement suffisant pour le Sanglant.
Malheureusement ce n’est pas le cas.
Une masse noire frappe l’absorbeur de haut en bas, droit sur sa tête. Le craquement sec fait se dresser les cheveux coupés courts sur la nuque du Prince Jaune. L’instant suivant les ténèbres enveloppent le visage d’Hordos et le tirent vers l’arrière.
En Goetys deux fils se touchent.
Sans réellement savoir contre quoi il dresse sa rage le Grand Prêtre de Kadath bondit en avant avec la rapidité et la puissance d’un grand tigre de titane. Son bond est arrêté sec lorsque la nuit elle-même semble se dresser devant lui. Le vampire tombe sur le sol.
L’être singulier n’est ni complètement solide, ni totalement liquide. Sa masse n’a pas de forme fixe. Il semble pouvoir redéfinir son contour selon ses besoins et ses caprices. Maintenant dressé tout en hauteur comme une lame de fond malveillante, il fait plus de cinq mètres de haut et courre sur une douzaine de pas de largeur. Une intelligence maléfique émane de la masse de noirceur huileuse. Sous les yeux du Prince Jaune un long tentacule noir se détache du reste du monstre et se dresse, prêt à frapper de nouveau.
- Une Larve … »
Mais la puissance de l’impact coupe là ses constatations. Goetys roule sur le côté et s’écrase contre le Trône de Yig. Il entend une de ses côtes craquer mais ne s’en soucie guère. La chose est dangereuse, pratiquement immunisée aux assauts mais le vampire sait qu’il saura en venir à bout s’il donne tout ce qui lui reste de hargne sauvage.
La ténèbre vivante recule un peu, laissant apparaître sous son poids le corps brisé d’Hordos déjà en voie de régénérer. L’absorbeur implacable étire un bras où on devine des os fracturés et se traîne presque machinalement vers son arme.
Près de lui le Loup de Tindalos trouve en lui une Bête
enchaînée depuis des années et choisit de briser ses lien.

Soudainement debout, il saute vers l’avant. Son poing heurte avec violence le caoutchouc surnaturel et la grande vibration qui traverse son ennemi encourage ses efforts. Trois autres coups martèlent sa cible qui recule rapidement puis se replie sur elle-même en un noyau plus compacte. Le visage de Goetys est pure violence, désir de destruction, démence. Sous ses assauts même une montagne cèderait ses secrets.
Hordos est soudainement à ses côtés. Il décharge son arme en hurlant contre la chose mais le Grand Prêtre n’entend rien. Sa rage l’a rendu sourd à tout autre appel que sa soif de chaos. ses traits effrayeraient même la mort.

Puis c’est la fin …
Tout autour des deux héros se dressent soudain des murs de nuit hostile. Ils sont entourés. Une douzaine de masses informes chuchotent leurs malédictions. Les choses ont coulé des murs et ont couru sur le sol, suivant les sillons serpentants.
Presque fou le Loup hurle vers elles. Un filet de bave rouge macule ses lèvres.
- Tsathoggua! Pleutre! Chien! As-tu si peur de moi que tu envoies tes larves faire ton travail? Viens! Lâche! Sisshthagoth maphrah Sothoth! Ph’nyxthea fnath shagash! »

Hordos recule un peu. Son ami dégage une telle violence que ses dons noirs la porte tel un manteau. Le sanglant constate que c’est la fin.
Puis les monstres bougent. Hordos voit une tonne d’huile noire se refermer sur son vieil ami et devine avec douleur le blanc de ses os transpercer son armure. Goetys est broyé sans cérémonie.
Lui tourne une dernière fois sur lui-même, prêt à recevoir son ultime mort.
Et lui qui commençait tout juste à s’habituer à l’immortalité…


(fin de la quatrième partie)


Revenir en haut Aller en bas
http://academie-de-kadath.forumactif.com
centuria

avatar

Messages : 115
Date d'inscription : 02/12/2008
Age : 32
Localisation : france maine et loire

Votre perso en bref.
Race: Cultiste
Niveau: 44
Surnom: cent'

MessageSujet: Re: La Malédiction de Yig. (Yig texte 2)   Lun 9 Fév - 17:41



La Malédiction de Yig.
(cinquième partie)


Pendant ce temps, dans l’académie...

Centuria s’affaissa à ramener un coffre d’accessoires dans la salle de rituel, une pièce souterraine , pour cela elle descendit un escalier en colimaçon en toute hâte et franchis une porte en fer forgé qu’elle avait préalablement ouverte .
Elle referma la porte après son passage à clef. Personne ne devait la déranger.
Dans le centre de la pièce était disposé un autel de sacrifice.
Elle dessina un cercle et une étoile à six branches dont le centre était l’autel.
Sur chaque pointes de l’étoile, elle mis une bougie rouge qu’elle trouva dans le coffre.
Sur le cercle des bougies blanche à égale distance.
Centuria se revêtit d’une robe en coton fin blanc, un diadème sur la tête entourant son visage, ses cheveux nattés.
Elle alluma plusieurs encens, dont leur parfum correspondait pour le sort de protection.
-je ne laisserais pas Goetys et Hordos en danger…on ne sais jamais.- d’une voix pour se convaincre elle même-
elle se rappela le cauchemar que son bien aimé, Goetys, lui avait raconté.
-« il est capteur d’esprit, ses rêves doivent être prémonitoires… je laisserais pas faire.. »
Elle s'assit en tailleur sur l’autel et déroula un parchemin , ne connaissant pas le rituel par cœur. C’était un sort puissant, n’ayant peu de pratique, elle n'espérait ne pas avoir de conséquence trop dramatique suite à cela.
-j’ai déjà aider à invoquer le chevreau… ça devrait aller.
Elle lus une fois dans sa tête le parchemin avant de le poser et le réciter à voix haute. Elle était seule cette fois ci, et stressais pour la vie de ces compagnons, sa voie tremblotais par moment.
Elle ferma les yeux et pris un objet de sa main droite qu’elle avait disposé peu avant, avec plus d'assurance.
Les mots sortirent seuls de sa bouche, les flammes des bougies vacillaient sous un vent inconnu.
Elle s’allongea sur l’autel, plus que quelques instant avant la fin du rituel, sa voix devint un chuchotement étrange. compréhensible par periode...  « Nodens..... Seigneur du Grand Abîme... implore... plateau de Leng... aide... pacte de vie... ».
Plus qu’un dernier geste, elle ouvrit ses yeux devenus noires comme la nuit et elle se planta le poignard de sacrifice dans son cœur . Elle ne mourait pas, son cœur ne battant plus depuis plusieurs années maintenant. Elle était transformée, on l'avait entendus. De plus de son sort de protection, elle avait oser invoquer Nodens à leur aide. Était ce un acte de folie? Elle ne le sus pas pour le moment.
Elle vit par les yeux de Goetys, ressentais toutes les sensations qu’il vivait. Elle était omnisciente, elle pouvait voir derrière les murs, ressentir le danger avant même qu’il apparaisse.Cette douleur si atroce, les craquements d'os...
Elle pourrait les protéger jusqu'à que les bougies de son pentacle s’éteignent toutes.
Elle espérait être assez forte pour les aider et leur permettre d'éviter le danger.
Que sera les conséquences pour elle ensuite ? Nodens viendra t-il les aider?
Pleins de questions qui lui passais en tête dont elle ne pouvait cependant pas encore connaître les réponses.

(fin de la cinquième partie)
Revenir en haut Aller en bas
Goetys
Admin
avatar

Messages : 1731
Date d'inscription : 24/11/2008
Age : 42
Localisation : Québec la maudite.

Votre perso en bref.
Race: Capteur d'Esprit
Niveau: 70+
Surnom: Prince Jaune de Kadath

MessageSujet: Re: La Malédiction de Yig. (Yig texte 2)   Sam 14 Fév - 1:26



La Malédiction de Yig.
(sixième partie)


Dans les méandres fangeux d’une des Larves Amorphes de Tsathoggua, quelque chose vient déranger l’immobilité paisible de Goetys. Lui qui s’était senti prêt à enfin tout cesser, prêt à laisser aller ses souvenirs, ses douleurs, le voilà rappelé par un changement dans les courants intérieurs de cette chose sans forme fixe.
En un moment sa mémoire se déroule devant ses yeux, long tapis de peines et d’expériences toutes plus étranges les unes que les autres.
D’abord sa vie remonte vers sa conscience. Son enfance marginale passée en partie dans les temples païens traverse l’écran de ses yeux. Son adolescence troublée de rites occultes et de grimoires poussiéreux suit le bal, kaléidoscope de déboires et de délits. Ses pactes avec l’Innommable et ses pires atrocités remontent à cette époque. Puis vient Sarah. Puis vient la guerre, puis la maladie. Puis vint l’errance, le long voyage solitaire qui le mena jusqu’à la Cité du bout du monde.
Puis sa mort retraverse son âme. Son créateur tombe sur lui, près des murs. Transformé, il erra alors dans les ruines jusqu’à joindre une petite secte d’adorateurs de Cthulhu. Il retrouve son ami Hordos, lui aussi Damné, et son bon allié Ciglo. Vite remarqué pour son savoir occulte, le sorcier se voit recevoir des mains de son nouvel ami une copie du Necronomicon. Puis vient les textes Tcho Tcho. Puis vient la découverte, puis la chirurgie. Puis vint le rêve, le terrible voyage salutaire qui le guida vers la Cité des Songes, Kadath.


Dans sa main le Uzi de Hordos vient à peine de cesser son cliquetis. Goetys vient tout juste de disparaître entre les pans humides des monstres huileux.
Une des bêtes, une colonne de mélasse noire plus volumineuse que les autres, avance seule vers l’absorbeur. Le sommet du monstre se divise lentement en avançant, s’étirant dans vingt directions différentes tel un arbre de mort. Le Sanglant jette de côté son arme à feu inutile et saisit à deux mains sa lame ébréchée. Il mourra la tête haute.
Mais la chose hésite soudain.
Un chuchotement traverse le groupe de démons informes.
Il ne faut pas longtemps pour que l’œil perçant de Hordos remarque un mouvement dans les ténèbres. En un instant une brume sombre s’est abattue sur les hauteurs de la salle, un voile de noirceur que les Larves Amorphes semblent craindre. Ses assaillants reculent. Le Prêtre de Kadath croit remarquer une masse plus solide remuer à travers le monstre.
« Goetys. »
Sans attendre ni prendre le temps de réfléchir, Hordos avance vers son ami et plonge sa main dans le monstre pour le saisir. Mais avant qu’il ne touche la chose une grippe de fer se referme sur lui. La main griffue le serre si fort qu’il en échappe presque son arme et le tire vers l’arrière si fort qu’il sent sa nuque sur le point de rompre. On l’enlève, le soulève. On l’entraîne vers le haut, suspendu dans les pinces de nombreuses créatures ailées.
Ce n’est qu’une fois parvenu au dessus de la scène que Hordos comprend un peu mieux ce qui arrive. Deux races d’êtres ténébreux se livrent sous lui une lutte acharnée. Les nouveaux venus sont arrivés sans un bruit. Même maintenant, prisonnier de leurs serres, le Sanglant ne peut entendre un son venant de leur part. Ce sont des monstres cornus, des monstres sans visage, sans yeux, sans bouche. Ils ressemblent à de longs diablotins carbonisés, des squelettes émaciés aux côtes saillantes. Leurs ailes feutrées semblent battre sans déplacer l’air. Ils sont des dizaines, des centaines. Ils emplissent l’air de leur présence insaisissable.
Entre masses huileuses de noirceur liquide et ces bêtes couleur de nuit aux ailes silencieuses l’essentiel du spectacle ne peut être deviné. Il fait noir et cette lutte sans voix le laisse aveugle.
Le guerrier de Kadath se débat et tente de se libérer. Il lutte avec tout ce qui lui reste de force mais chacun de ses efforts ne fait que le restreindre davantage. Une des mains se referme sur sa gorge. N’ayant pas besoin de respirer, il tend toute sa force contre ses gardiens mais ne peut que les encourager à déployer à leur tour plus de muscles.
Un bruit sec surprend le Sanglant. Anatomiste expert, il sait qu’il ne peut que se résoudre. Sa nuque vient de rompre. Ses bras sont soudain de plomb, ses mains deviennent molles. Bientôt sa vue le lâchera aussi.
La dernière chose qu’il voit est un groupe de six des bêtes ailées tirant son vieil ami d’un océan de fange noire et gluante.


En lui l’infini se contracte puis reprend ses dimensions impossibles. Il est Goetys; il est le Loup de Tindalos. Il n’a pas besoin de sa bête. Il n’a pas besoin du monstre enchaîné au fond de lui.
Sa douleur est sans limite. Il y a plus d’os de brisés dans son corps que de sains.
Sa tête émerge enfin de la chose. Autour de lui se joue un combat des plus étranges. Le groupe de Larves Amorphes de Tsathoggua est assailli par une véritable nuée de Maigres Bêtes de la Nuit. Il ne peut dénombrer les serviteurs silencieux mais sa conscience effleure de nombreuses consciences. Le sorcier devine au dessus de la mêlée le corps inerte de Hordos emporté par les démons osseux.
« Des Maigres Bêtes de la Nuit? Ici? Pourquoi? »
Puis le Grand Prêtre de l’Académie de Kadath comprend. Nodens. Ces créatures de cauchemar servent habituellement le puissant dieu Nodens, le Maître du Grand Abysse. Il se souvient de Centuria et de ses recherches, du rituel complexe qu’elle avait souhaité tenter en son absence.
« Se pourrait-il? »
On le soulève, on l’emporte. Il choisit de se laisser charrier sans combattre, de ne pas lutter contre ses kidnappeurs. Sous lui disparaît rapidement les chuchotements furieux des serviteurs sans forme du Dieu Crapaud. Le Grand Prêtre s’attend à toucher le plafond mais celui-ci ne vient jamais.
Autour, l’espace ne fait plus de sens. Les diablotins ailés naviguent dans une brume collante, un non-lieu conjuré par le Seigneur de l’Abîme.


Goetys ferme les yeux.

(fin de la sixième partie)



Dernière édition par Goetys le Mer 15 Avr - 14:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://academie-de-kadath.forumactif.com
Goetys
Admin
avatar

Messages : 1731
Date d'inscription : 24/11/2008
Age : 42
Localisation : Québec la maudite.

Votre perso en bref.
Race: Capteur d'Esprit
Niveau: 70+
Surnom: Prince Jaune de Kadath

MessageSujet: Re: La Malédiction de Yig. (Yig texte 2)   Mer 15 Avr - 14:34



La Malédiction de Yig.
(dernière partie)



Il ne les ouvre à nouveau que lorsqu’il sent une surface plane sous son pied.
Les Maigres Bêtes de la Nuit le déposent debout sans douceur ni rudesse sur un plan horizontal. Le Grand Prêtre peut à peine soutenir son propre poids sur ses chevilles brisées. Il fait sombre mais ses yeux immortels font rapidement sens des lueurs lointaines et des ombres omniprésentes. Autour de lui s’effacent rapidement les démons du Grand Abysse, remontant entre les étoiles reprendre leurs places dans les ombres du Cosmos. Ailes de cuir inaudibles et doigts aussi puissants que des étaux disparaissent bientôt sans laisser la moindre trace. Autour de lui la clarté laiteuse des constellations et des nébuleuses colorées laisse deviner autour du voyageur dimensionnel les contours d’une plateforme gigantesque. Il se trouve sur un socle céleste, un disque titanesque lévitant quelque part aux limites du monde.
Plus près de lui repose la forme immobile de Hordos. Bien qu’il ne ressente aucun mouvement chez son vieil ami le Loup de Tindalos ne s’inquiète pas outre mesure. Il devine contre sa conscience le mental catatonique de l’absorbeur et sait que celui-ci s’éveillera bientôt.
Mais une autre conscience captive vite son attention. Une troisième présence se trouve sur la plateforme, une présence plus vaste et plus dense que tout ce qu’il n’a jamais connu. Goetys tourne sur lui-même, ses loques déchirées soulevées dans son geste par un vent irréel, mais le sorcier ne voit personne.
- Guillaume. Bienvenu ici. »


Le mage tourne encore et discerne cette fois une silhouette debout à une dizaine de pas de lui, une forme humanoïde et barbue, aux longs cheveux blancs. Mais l’homme n’a rien d’humain. Les sens surnaturels du vampire devinent en cet être une conscience presque infinie. Son esprit embrumé lui crie l’évidence mais Goetys ne peut cerner ses intuitions. Il cherche donc à du gagner du temps.
- Ici? Mais où est cet ici?
- Ne le sais-tu pas? Nous ne sommes nulle part, Guill …
- Non! Ce nom ne vaut plus rien. Celui-là est mort. Si tu dois t’adresser à moi nomme-moi Goetys. »
Le vieillard sourit en approchant.
- Comme tu veux Goetys mais tu sais comme moi que je te connais sous un autre nom. »
Le Prince Jaune saisit sa tête à deux mains. Des images déconstruites d’un passé trop horrible pour être soutenu traversent son esprit surchargé.
- Mais qui es-tu? Que me veux-tu? »
L’être à la forme humaine sourie.
- Ne le sais-tu pas déjà? »
Ébranlé par le ton amusé du vieil homme Goetys s’arrête un moment. Ses intuitions percent enfin les brumes laissées par le choc du combat et hurlent à son conscient de s’éveiller.
« Nodens. »
Le sorcier tombe sur ses genoux lorsqu’il comprend enfin. Face à sa confusion son interlocuteur immortel ne montre nul amusement ni agacement. Il reconnaît simplement la sincérité du Sorcier de Kadath sans en faire de cas.
Au bout d’un long moment de silence le principe premier énonce seulement :
- Bien. On m’a appelé à toi. L’affection d’une femme sans vie m’a tiré de mon intemporalité et m’a incité à me tourner vers toi. Je t’ai reconnu et suis venu.
- Centuria?
- Oui. Comme toi elle a choisi de se renommer. »
L’être rit doucement.
- Comme si changer de nom saurait nous empêcher de vous reconnaître, de vous retrouver.
- Je … »
Mais le Prince Jaune ne sait quoi dire. Conscient de ne pouvoir mentir au Dieu Extérieur il choisit de se taire et d’accepter. Ses pensées volent étrangement vers Svanna.
Nodens perd alors son sourire. Son soupir est empreint de fatigue et de tristesse.
- Tu as fait des choses horribles par le passé, Goetys. Tu as passé des pactes sans nom avec des êtres et des choses qui auraient mieux fait de rester imperturbées.
- C’était avant la guerre …
- Vraiment? Tu n’as rien tenté depuis? »
Inutile de mentir à un Dieu.
- Je … j’ai bien trouvé Kadath. Et j’ai dû lier mon sang à …
- Je ne parle pas de ça. Je te parle de tes récentes erreurs. N’ais-je pas reconnu sur celle qui a prononcé mes noms la trace de celle que les hommes nomment la Chèvre Noire? Ne me dis pas qu’elle aura trouvé seule les rites et les formules, je ne te croirais pas. »
Goetys déglutie, réflexe rare pour un vampire.
- Oui, » dit-il humblement. « J’ai demandé son aide pour contacter Shub-Nigurath. Il me fallait une contrepartie femelle et la petite a certes de puissants dons naturels. Mais je devais attirer l’attention de la Chèvre Noire, Nodens. Je devais attirer sur nous une force suffisamment empreinte de vie, même de la vie pervertie de la Mère des Peines Baveuses, afin de contrecarrer les forces devinées lors de mon premier passage ici. »


Tout en écoutant le sorcier lui expliquer ses motivations, le Dieu Extérieur passe une main dans sa longue barbe, méditant sur ses propos. On peut lire sur ses traits calmes la trace de plus profondes méditations.
- Lorsque la providence a mise sous ma patte les textes Tcho-Tcho découverts sous la Cité j’ai su que j’aurais à faire des compromis inavouables. J’ai su que Svanna reviendrait, que je reverrais l’Homme Noir avant longtemps. Mais j’ai aussi compris que mes pas m’attireraient alors vers Kadath. Je n’ai pu résister à cette chance de deviner la Cité des Songes Divins.
- Et tu crois réellement que c’est la providence qui t’a offerte les pages contenant le Signe Mutable de Nyarlathotep? Ne sais-tu pas que le hasard et la providence ne sont que des inventions humaines? Depuis le temps, explorateur des mondes, tu devrais avoir dépassé ces superstitions. »
Les yeux du Grand Prêtre s’écarquillent.
- Vous ?!? »
Le rire qui monte de l’être cosmique fait basculer cent mondes sous les remous de son écho.
- Non Goetys. T’aurais-je réellement offert le glyphe maudit?
- Alors lui …
- Oui. C’est l’Homme Noir qui a mené tes pas jusque dans les chambres abandonnées de son ancien pantin. N’est-il pas venu t’accueillir en Kadath lors de ton premier périple dans cet espace onirique?
- Mais pourquoi? Quel est cet édifice dont on m’a confié la garde? Qu’était donc l’Académie avant d’être le refuge pour jeunes rêveurs damnés que j’en ai fait?
- Tant de question …
- N’aurais-je pas droit à une réponse?
- Peut-être … si tu m’en donnes d’abord deux. »
Malgré sa réserve naturelle le Dément Jaune ne peut laisser passer cette chance d’en apprendre enfin un peu plus sur sa belle Kadath. Il acquiesce d’un geste sec de la tête, regrettant presque immédiatement d’avoir scellé un nouveau pacte avec les forces du cosmos.


Le vieil homme ferme les yeux. Lorsqu’il les ouvre à nouveau ceux-ci sont changés. Il braque sur Goetys deux orbes étoilés, deux galaxies tournoyantes. Goetys garde la face vers le sol, humble devant le Seigneur du Grand Abîme.
- Qu’as-tu demandé précisément à la Chèvre Noire, humain? »
Facile. Le sorcier sait que s’il répond Nodens
- Qu’elle nimbe l’immeuble de l’Académie de sa vie afin de ralentir la progression de la mort qui est omniprésente ici. Je l’ai prié d’infuser de ses énergies créatrices les corps oniriques des morts-vivants placés sous ma protection afin d’en éloigner les influences néfastes devinées lors de mes visions. Je sais qu’une chose de terrible s’est produite jadis entre ces murs et que les fantômes de cet acte transpirent encore de ses lieux. J’aimerais comprendre … »
Mais Nodens le coupe sereinement et enchaîne avec sa seconde question.
- J’aimerais maintenant savoir pourquoi un homme de ton intelligence et ton éthique travaille main dans la main avec Nyarlathotep le corrupteur? Ne fais pas l’innocent. Tu connais le Mythe comme nul autre. Tu as toujours su quelle main tenait les ficelles.
- Oui. J’imagine …
- Alors tu dois savoir que tout ce qu’il touche est promis à la ruine? Pourquoi avoir approché une fois de plus ce sombre personnage? Pourquoi se faire son pantin? »
Contre toute attente le vampire relève lentement la tête et sourit au puissant seigneur. Nodens s’arrête, soudain intrigué par la pointe d’arrogance qu’il y perçoit.
Le Prince Jaune ne baisse pas les yeux lorsqu’il répond au Dieu.
- Son pantin? Il faudrait pour cela que je sois aveugle face à ses machinations. N’avez-vous pas dit vous-même à l’instant, puissant Nodens, que je connaissais le Mythe comme nul autre? Je crois le connaître suffisamment pour arriver à m’en sortir la tête haute. Et tout ceux qui me suivront en bénéficieront grandement. Le monde entier en bénéficiera si je triomphe.
- Et tu crois réellement parvenir à tromper le Grand Fourvoyeur?
- Je ne serai pas le premier … Carter l’a fait.
- C’était un coup de chance, un terrible coup de chance. »
Goetys baisse les yeux.
- Je croyais, puissant Nodens, que la chance n’existait pas … »
Et le Dieu explosa à nouveau de rire.

-
Ais-je droit à ma question maintenant?
- Non Goetys. Je t’ai promis une réponse, pas une question.
- Mais …
- Tais-toi. Écoutes car c’est tout ce qui te reste à faire ici. »
Trop sage pour contredire un être tel que Nodens, le Loup de Tindalos s’exécute et se tait.
- L’immeuble gigantesque où est située ton Académie fut jadis un temple d’où les adorateurs pouvaient tourner leurs prières vers les étoiles qui avaient vue naître les divinités de leur Dieu. Ils venaient ici en songe sous sa guidance et sa tutelle et y expérimentaient les délices et les tourments normalement réservés aux Anciens Dieux.
Mais voilà qu’une nuit, toujours à l’aube de ce monde, les autres maîtres de Kadath s’aperçurent de la présence des êtres mortels entre ces murs. Ils prièrent d’abord Yig de ne plus emmener là-bas ses serviteurs de peur que leur mortalité n’entachant l’aura unique de Kadath puis face à son refus ils l’ont menacé de l’expulser avec les siens. Pour la première et dernière fois de son histoire Kadath, merveille du monde des songes, vécue la guerre et les combats. Le Peuple Serpent fut chassé de ce monde magique par un mal horrible et le Grand Ancien dut abandonner sa place dans la ville des immortels afin d’empêcher le mal de gagner le reste de ses serviteurs, sur Terre.
Comprends-tu maintenant la colère du Roi Serpent envers les siens suite à leur trahison pour le vil Tsathoggua? Après qu’il ait abandonné les plaisirs de Kadath pour les sauver ses fils mortels le laissèrent afin de gagner ascendance sur le monde où ils furent chassés. »
Tout en écoutant Nodens, les plis froncés sur le front du Prince Jaune s’accentuèrent. Peut-être était-ce la fatigue, peut-être aussi les nombreuses blessures mais le sens du discours du Dieu ne fit que semer plus de doutes en son esprit.
- Un ennui, Goetys?
- Vous dites que Yig fut chassé de Kadath avant qu’il se soit tourné contre sa progéniture ingrate?
- Oui. Lui et ses enfants.
- Mais alors le trône trouvé sous Leng? La malédiction …
- Le trône trouvé en Kadath n’y était pas du temps du règne de Yig. Il ne portait pas sur lui le mal lancé par le Père des Serpent, n’est-ce pas? »
La confusion lue sur les traits du sorcier fait rire Nodens.
- Mais …
- Tu comprendras en temps et lieu. Il est tempos de rentrer sur Terre maintenant. Prends ton ami avec toi et rentre vite.
- Non. Attendez … Pourquoi? Quel est le mal que j’ai ressenti à mon arrivée en Kadath?
- Le mal que Yig a abandonné derrière pour sauver les siens … »
Le geste de Nodens coupe toute autre question des lèvres du sorcier.
- Je t’ai dit ce que tu devais savoir. Bon courage à toi sorcier immortel, tu en auras bien besoin.
- Et si j’ai besoin d’aide?
- Seul Hastur saura t’aider… »


… … … … …


Les quelques Novices rassemblés devant les portes de l’Académie de Kadath voient le Loup de Tindalos avancer en boitant difficilement vers son palais du savoir. On devine la forme inerte de Hordos blottie dans ses bras, monceau de chairs broyées à demi régénérées. Le Prince Jaune porte au visage un masque de nacre aux détails inquiétants.


Le second âge de l’Académie de Kadath est à nos portes.







Revenir en haut Aller en bas
http://academie-de-kadath.forumactif.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La Malédiction de Yig. (Yig texte 2)   

Revenir en haut Aller en bas
 
La Malédiction de Yig. (Yig texte 2)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Erdrich, Louise] La malédiction des colombes
» La malédiction des Trente Deniers
» La Malédiction de Molly Hartley
» [Livingstone, J.B.] Les dossiers de Scotland Yard - Tome 27: La malédiction du Templier
» La Malédiction du dragon:

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum de KADATH :: Les Jardins du Monolithe. :: Le Théâtre du Roi en Jaune :: Histoire du Clan-
Sauter vers: