Forum de Kadath, un lieu de songes et de délires.
 
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 L'Oeil Jaune d'Aldebaran.

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Goetys
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MessageSujet: L'Oeil Jaune d'Aldebaran.   Dim 10 Mai - 15:12




L'Oeil Jaune d'Aldebaran.
L'Académie tremble un grand coup.


Loin de la Terre Onirique l'étoile Aldebaran brille d'un air mauvais. Invisible à cette période de l'année, l'astre situé sous l'influence de la constellation du Taureau semble respirer d'une vie propre, une vie malsaine et inhumaine.

Au sommet de la grande cathédrale dans laquelle il a fondé l'Académie le Grand Prêtre Goetys étudie le ciel, ses yeux clos. Ce qu'il cherche n'est ni visible, ni physique. L'objet de sa quête est plus subtil.
Une idée inhumaine frôle son esprit.
"L'origine est en Aldebaran ..."
Il baisse la tête.
"Il ne peut s'agir que de Lui. Que veut-il? Nos accords furent toujours respectés. J'ai tenu ma part du contrat..."
Il reste ainsi une heure et davantage, seul au dessus des éléments. Il entend les chuchotements inquiets des académiciens cherchant une explication au choc onirique mais ne descend pas vers eux. Il médite.
Le vampire ouvre enfin ses yeux et regarde sous lui l'Académie.
- Prépare-toi Kadath car de grands changements s'en viennent vers toi."
Sur ce le Poète Fou se retourne et rentre dans la grande coupole de l'immeuble principal par une porte dissimulée. Il a beaucoup à faire pour apaiser le Grand Ancien ...



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MessageSujet: Re: L'Oeil Jaune d'Aldebaran.   Lun 11 Mai - 16:03




L’Oeil Jaune d'Aldebaran.
Le Rituel.


Le Grand Prêtre entre dans la salle poussiéreuse en traînant derrière lui une veille femme d’allure fort vigoureuse. On devine à son air outrée qu’elle n’a pas l’habitude d’un pareil traitement. Elle est vêtue d’une courte robe de lin jaune foncé et marche pieds nus. Son crâne est frais rasé. Les nombreuses coupures sur son scalp témoignent que l’opération fut exécutée sans grands égards pour la captive.
L’observatoire est un chaos. Les alambics et les fioles reposent de tout côtés, piliers de verre entre lesquels les araignées ont bâti des ponts impressionnants. Des feuilles mortes venues des jardins couvrent par endroits le sol. À l’odeur une goule a vraisemblablement déféqué dans un coin. La vue du désordre ne désole toutefois pas Goetys. Il est venu ici avec un but et compte bien mener ses plans jusqu’à leurs conclusions.
Il jette sa prisonnière contre le mur sans même la regarder. La pauvre chois sur une table massive avec un craquement sec et s’effondre sans trouver la force de crier. Insensible à son malheur le vampire avance jusqu’au centre de la place et observe les glyphes sur lesquels traînent encore les traces de grands cierges presque totalement fondus. Par endroits les lignes dessinées sur le sol sont invisibles sous les débris épars et les rouleaux migratoires de mousse grise. Un grand ménage serait plus que dû ici.
« Et pas qu’ici … »
Le vampire plonge sa main dans un repli de ses toges et en extirpe une longue lame mince. Il relève sa manche gauche et d’un geste franc tranche la chair de son poignet de la paume jusqu’au centre de son avant-bras. Il baisse le bras et crispe sa main en une serre puissante. Le sang presque noir coule abondamment de la plaie pour se rassembler dans sa grippe comme une grande perle sombre. Le liquide bouillonnant roule sur lui-même et tourbillonne.
Lorsque la plaie se referme Goetys brandit l’orbe liquide au dessus de sa tête en nettoyant son esprit de toute distraction. Sur ce canevas vierge le sorcier dessine mentalement les symboles sacrés d’un grand feu blanc et vert. Unes à unes les lettres nimbées de lumière sauvage brûlent en lui, éveillant les secrets de cent clés occultes. Derrière l’officiant résonne soudain la vibration du cristal.
L’appel est lancé.

Dans le vide entre les vides Yog-Sothoth le Tout-En-Un inconcevable dieu des espaces et des lieux tourne sur lui-même.

- Ïa Nyarlathotep iss Shug’thoth msescha! Ïa Shub-niggurath msescha! Ïa Shatûr msescha! »
Goetys baisse la main.
-Ïa Yog-Sothoth! Dieu du futur et des jours passés écoutes ton humble serviteur et laisse s’ouvrir les portes de l’infini. Ouvre-moi le chemin vers le vide et l’impossible. Montre-moi Aldebaran et celui qui se cache dans son ombre car cette nuit je contacte mes anciens maîtres. »
D’un geste ample le vampire relâche la perle de sang qui s’effondre sur elle-même et macule le sol de traits noirs et brillants.
Pendant un long moment rien ne se produit. Le sorcier reste là à attendre, immobile, que celui que l’on surnomme la Clé et la Porte daigne répondre à ses prières. Contre le mur derrière lui la vieille femme tremble en silence.
Ses sanglots débutent à peine lorsque le choc se fait sentir.
Sa soudaineté fait hoqueter l’aînée de surprise et coupe net ses lamentations. La brève vibration fait trembler les pierres des murs et renverse quelques contenants de verre qui éclatent en rencontrant le sol. Les feuilles mortes et la poussière volent hors de l’ensemble de symboles présentés sur le sol comme chassés par un vent impalpable. Ce n’est qu’un écho sourd, une pulsion puissante dont la basse fréquence n’est pas sans rappeler une vaste explosion sous-marine.
Six longs pas lestes éloignent le Prince Jaune de la manifestation naissant au centre du grand pentacle. Il percute presque sa captive en atteignant le mur. À l’endroit précis où il se tenait l’instant d’avant bouille déjà une masse de fumées brunes et opaques. La chose roule sur elle même à un pied du sol en s’étendant inégalement. Par endroits de longues coulisses de brume compacte s’étirent et cherchent à tâtons autour d’elle, trahissant une certaine intelligence.
Le Loup attrape la vieille par la nuque avant qu’elle ne puisse déguerpir. Les bras de la condamnée se replient sur ce qui semble être une côté brisée. Insensible, il la redresse sans douceur et la force à faire face à l’horreur bourgeonnant devant eux.
La chose a maintenant trois mètres de diamètre. Elle est à présent ponctuée de lumières ocre naissant et mourant sans rythme à l’intérieur de sa masse. Ces lueurs laissent deviner des disques singuliers et d’étranges sphères iridescentes perdues dans cette tempête de malheur. Une vingtaine de pseudopodes et de tiges semi-solides en sortent faisant d’elle une sorte d’anémone malsaine, un végétal extraterrestre de cauchemar.
Goetys avance.
Sa main sur la nuque de son offrande se resserre, empêchant la sotte de hurler. Cinq membres fumigènes se tendent vers eux. Trois trouvent immédiatement la femme et montent lentement explorer son corps pétrifié de terreur. Les deux autres touchent le vampire. L’un s’entoure sans se presser autour de sa botte tandis qu’un second frôle le dos de sa main libre.
Le contact l’emporte immédiatement au loin. Sa conscience se multiplie soudain et éclate, emplissant avec le Dieu les interstices entre les univers. Il est une masse informe et omnisciente ; il est un être floral aux étamines préhensiles construisant une cité sous les vagues d’un monde lointain ; il est un reptile aux sens aiguisés chassant dans un désert sous deux soleils jumeaux …
« Non … Pas encore. »
Des hurlements dignes d’une démente le ramènent vers Kadath.
-Pas encore, puissant Dieu, » marmonne-t-il entre le délire et la conscience. « Je ne suis pas prêt à m’abandonner. Je t’ai emmené un sacrifice. Prends-la et laisse-moi. »
Il se retourne vers la femme.
Emportée vers le centre du chaos mouvant elle n’est plus sa captive mais la proie de Yog-Sothoth. Incapable d’apprécier l’honneur qui lui est fait, cette bourgeoise arrondie s’époumone et bât l’air de ses bras, tentant sans succès dans un acte de pudeur déplacée de garder contre elle les ruines de son vêtement déchiré. Un tentacule enroulé autour de sa jambe remonte sur son corps exposé tandis qu’un autre se glisse dans ce qui lui reste de manche pour entourer son torse. Lorsque les deux membres monstrueux tirent le corps torturé chacun de leur côté la hanche ne peut soutenir la traction. L’articulation se défait avec un plop sonore vite enterré par une longue plainte aiguë. La manifestation du dieu n’attend pas d’autre invitation et en profite pour plonger l’extrémité d’un de ses doigts de mort dans l’orifice grand ouvert. Sa bouche bloquée, les cris de cette mortelle meurent enfin. Elle disparaît sans laisser de traces.
Le sorcier impassible souhaite seulement à la pauvre de mourir étouffée avant d’être plongée dans les sucs acides du Tout-en-Un tandis que devant lui la chose se transforme déjà. Le centre du nuage se ramasse sur lui-même et se plisse puis se déchire pour ouvrir un passage vers un lieu loin de Kadath, loin de la Terre matérielle ou onirique, loin de l’humanité, de ses idées saugrenues et de sa logique dérisoire.
Goetys, Prince Jaune de Kadath et Sorcier Étoilé de Yuggoth avance et en franchit le seuil sans se retourner.




Dernière édition par Goetys le Jeu 6 Oct - 1:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'Oeil Jaune d'Aldebaran.   Mer 13 Mai - 16:34




L'Oeil Jaune dAldebaran.
Le Voyage.


La seule autre fois où Goetys a accompli ce voyage il n’avait passé que fort peu de temps ici, qu’une trop courte heure à prier pour son salut. Il n’avait su rester plus longtemps, limité par la durée des enchantements nécessaires à sa survie en ce lieu dépourvu d’oxygène. La concoction gorgée de poils et de caillots lui permettant de respirer les gaz empoisonnés de ce monde hostile l’avait presque tué lorsque ses effets s’étaient rapidement dissipés. Il avait toujours regretté d’avoir alors eu à quitter les lieux, esclave des limitations d’un breuvage ensorcelé.
Il était vivant à cette époque … mais plus maintenant.

Autour de lui le paysage extraterrestre est à couper le souffle.
Sur un ciel couleur de souffre sont peints deux grandes lunes, l’une couleur d’argent bleuté, l’autre du vert des algues brunies sous le soleil. Un océan d’étoiles leur sert de courre, perles de lumières disposées selon un ordre inconnu des astronomes terriens. À l’horizon traîne un nuage indigo, seule sentinelle en poste.
Comme la dernière fois il arrive au sommet d’un petit promontoire naturel s’avançant depuis une falaise gargantuesque aussi noire que le jais. Située au pied d’une montagne de calibre himalayen, la bande de terrain plat est parsemée de sculptures étranges, un assemblage mystérieux de formes géométriques complexes.
Depuis ce perchoir le nouvel arrivant scrute la plaine inégale étalée devant lui. Comme il fait plus clair qu’à sa visite précédente il devine au loin une chaine de montagnes qu’il n’avait su repérer. Il laisse ses yeux absorber le décor. Sous le ciel coloré le sable blanc prend des teintes maladives que vient empoisonner les ombres orangées de la végétation singulière. Ces vastes îlots de grands coraux sanguins brisent ici et là l’étendue de sable. La plus grande de ces nappes se situe juste sous le promontoire. Le Grand Prêtre repère sans difficulté au centre de cette masse l’aiguille de pierre à la base enflée objet de sa quête, seule construction visible de ce décor irréel.
Goetys laisse derrière lui la porte vivante qui se referme déjà lentement et entreprend de descendre vers l’immeuble solitaire.
Approcher la forêt de coraux évoque en lui des souvenirs troublants. L’odeur douce-amère issue des hautes colonnes n’a pas changé. À l’ombre de ces étranges arbres les sables blancs se mêlent à une sorte de terre couleur de sang. L’arôme de décomposition qui l’avait jadis écœurée lui laisse aujourd’hui une impression de familiarité. Il s’arrête et hume l’air. Ce qu’il ressent baigné par les effluves aigres l’intrigue et il ose avancer vers un des colosses. Il enlève ses gants et caresse du doigt la surface rugueuse. Il pousse légèrement contre elle et son doigt s’enfonce comme dans une éponge gorgée d’eau. Lorsqu’il le retire la trace profonde se gorge rapidement d’un liquide laiteux qui coule le long de l’écorce rêche.
« Tout ici transpire l’entropie et la mort. Comment se surprendre que l’humanité soit aliénée par le culte du Grand Ancien. Il est l’antithèse, l’Oméga, ce qui suit la finalité. »
Le souvenir de rites étranges et d’épreuves horrifiantes passe sur lui mais le sorcier les écarte au prix d’un certain effort.
« C’était il y a longtemps … »

Tout autour du bâtiment de pierre la végétation extraterrestre s’arrête pour former un anneau de sable blanc ceinturant sa base. Au centre s’élève l’aiguille elle-même, l’entrée du temple de l’Innommable.
Il y a des années de ça, dans sa jeunesse mortelle, le magicien audacieux s’était mêlé à un culte étrange. Il avait alors accompli des choses horribles, des actes impardonnables … actes qu’il s’était pourtant pardonné depuis. Tant de tribulations, tant de secrets. Ses mésaventures l’avaient mené ici, su ce monde hostile à la vie. Il s’était agenouillé sur les marches de pierre et avait prié le maître de ces lieux.
Et il avait reçu sa détestable bénédiction.
Goetys secoue la tête.
Cette fois il irait plus loin. Ses peurs mortelles ne sauraient avoir ascendance sur lui, pas maintenant qu’il est un damné, un mort-vivant.

Devant l’immeuble d’ardoise, le pèlerin lève la tête vers le portail imposant l’attendant au sommet d’une volée d’une vingtaine de marches. Il est surpris de trouver les grands battants ouverts.
« Mais qu’est-ce que … »
Il s’immobilise. À sa précédente visite il avait trouvé les portes du temple closes. Tous les textes qu’il avait lus au sujet de ce lieu maudit faisaient état d’un portail éternellement scellé. Certains rapports d’adorateurs déments suggéraient même que les deux battants de fer orangé n’étaient même pas une porte mais un autel étrange dédié au Corrupteur.
« Et ils avaient tors. »
Méfiant, il grimpe lentement l’escalier aux proportions mal adaptées au pas d’un humain, ses poings américains bien serrés, prêt à tout moment à bondir de côté.
« Grimper ces marches est une folie. Quoi faire d’autre, ma foi ? Virer de bord ? C’est hors de question, pas après s’être donné tout ce mal. Et puis la colère du Grand Ancien risquerait d’emporter Kadath ou du moins de dévaster la section de la cité des songes où fut fondée l’Académie. S’il parvient à capter l’attention des Dieux Extérieurs l’Innommable n’allait connaître nulle limite. Kadath pourrait être éloignée à jamais de la Terre ou pire encore, détruite. Les Dieux n’y jouent plus et Nyarlathotep tend à aimer me voir souffrir. Sacrifieraient-ils Kadath pour pimenter leurs jeux cruels ? »
Un mouvement dans l’ombre du portail coupe son monologue. Le sorcier s’accroupit un peu, prêt à foncer ou retraiter, selon le cas. Qui sait quels êtres horribles peuvent habiter ces lieux. Bien que les chances soient qu’il ne s’agisse que d’un Byakhee nombre d’autres horreurs beaucoup plus dangereuses fréquentent Aldebaran pour venir y honorer l’Innommable.
La forme avance d’un pas et atteint la lueur des lunes. Goetys se détend, baisse les poings et gravit les dernières marches sans regarder la femme venue l’accueillir.
- Bonsoir, Goetys. »
Le Prince Jaune ne lève même pas la tête. Sa réponse est froide, ses lèvres serrées.
- Ne t’ais-je pas dit de ne jamais utiliser ce nom ?
- Bien Ô Serrurier du Tout-En-Un, pardonne-moi. »
Svanna s’écarte à peine, souriant malicieusement. Une rangée de petites dents aiguisées apparaît entre ses lèvres peintes. Le Loup passe devant elle sans daigner la remarquer, conscient que la tavernière se retourne derrière lui et reste sur ses talons. Ils marchent un moment en silence.
- Prince Jaune ?
- Que me veux-tu ?
- Vous croyez vraiment qu’il est sage de venir ici ? »
Le voyageur ne répond pas. Bien sûr que c’est de la folie. Descendre dans l’antre d’un tel être ne peut être autre chose que de la pure démence.
- Maître ?
- Je ne suis pas ton maître. »
Dans l’immeuble, au bout d’un long corridor sombre descendant régulièrement vers le Destin, une salle titanesque accueille l’Adorateur. Surpris par sa dimensions il décide que la pièce ne peut tenir à l’intérieur de l’aiguille d’albâtre. La pente ininterrompue l’a vraisemblablement mené hors du contour de l’édifice. C’est seule explication.
Là ne se trouve qu’un autel de basalte imposant placé devant un puits. L’autel semble voir été travaillé par les ans, ses motifs surélevés presque effacés. On devine qu’une teinture jaune a été appliquée sur certains d’entre eux afin de les faire ressortir. Comme le pigment n’est visible que par endroit il est clair que personne ne s’est acquitté récemment de cette tâche.
Le puits lui-même n’a pas de rebord surélevé ni de balustrade. En approchant de son bord, Goetys remarque une pente étroite longeant la paroi verticale et descendant en tourbillonnant vers les ténèbres.
- Tu viens, » demande-t-il à la chose souriante.
- Je ne suis pas folle. Je ne veux pas périr … »
Le vampire regarde l’être de cauchemar et lui rend son sourire.
- J’irai seul alors. »







Dernière édition par Goetys le Sam 16 Mai - 19:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Oeil Jaune d'Aldebaran.   Mer 13 Mai - 16:35




L’Oeil Jaune d'Aldebaran.
L’Horreur.


Descendre jusqu’au fond du puits semble prendre une éternité. Le Grand Prêtre marche prudemment, une main contre les blocs asymétriques composants la paroi. La corniche n’est guère plus large que son pied et la progression en est si ralentie que d’atteindre le fond paraît impossible. Le fait que Goetys soit condamné à avancer dans le noir absolu n’aide en rien sa cause.
Sur Terre le soleil a dû se lever et se coucher et même se lever encore.
« Nul être vivant ne peut descendre ici sans faillir avant d’avoir atteint la fin de cette rampe, » se dit-il après des dizaines d’heures à rivaliser d’équilibre avec le vide. « Enfin nul être humain. Le puits doit avoir été conçu principalement pour le vol de byakhee. Voler depuis le fond doit être beaucoup moins long que de s’érafler les coudes comme je le fais. »
C’est peu après en être venu à cette constatation qu’il devine enfin un changement dans l’immobilité de ce monde obscur. Le bruit de froissement de son vêtement contre la pierre résonne différemment. Quelques pas plus bas son pied touche une cavité dans le mur qui se meut bientôt en une ouverture étroite. Juste passé cette fissure la pente s’arrête net au fond du conduit.
Heureux de pouvoir enfin mettre le pied sur une surface plus large, le vampire s’étire rapidement en explorant les lieux. Des sillons semblent former sur le sol un dessin complexe mais dans le noir il ne peut en deviner l’ensemble. L’endroit est sinon vide, dénué d’autre détail que la fissure située près de la rampe.
Le Prince Jaune soupir et dénué d’autre choix avance tant bien que mal le long du passage. Progressant de côté, il marche la tête courbée le long d’un couloir allant doucement en spirale autour du fond du puits, s’éloignant à chaque tour d’une fuite facile vers la surface. Il tente de compter les tours mais sans point de repère, plongé dans le noir le plus total, la tâche est impossible.

La clarté frémissante revient progressivement à mesure que le Loup de Tindalos compète le dernier segment de cette spirale souterraine. Sa présence timide révèle à l’explorateur que les murs de cet accès sont peints de scènes étrangères. Il y devine des byakhee rassemblés dans une danse aérienne et les rites étranges de petits êtres nus semblables à des hommes mais plus courbés, dotés de grands yeux pâles et de puissantes mains à quatre doigts. Les scènes d’actes cannibales s’y répètent, successions de festins repoussants.
L’entropie y est présentée sous toutes ses formes. L’ocre et le jaune y sont omniprésents.
Partout on peut apercevoir la trace de son influence, lui, l’Innommable.
Bien qu’il se soit préparé de son mieux à la rencontre à venir le magicien hésite un moment lorsque la fissure s’évase devant lui pour devenir le hall d’une salle gigantesque. Passé cette limite se trouve un dieu, un être plus âgé que la terre elle-même, un des Grands Anciens contre lesquels le prophète dément Abdul Alazred a tenté de prévenir l’humanité dans son sinistre Necronomicon.
De chaque côté de ce hall les dernières fresques illustrent un spectacle effrayant. Un monde de cités détruites et de jungles pourrissantes en est le décor. Dans les ruines couvertes de mousse orangée des êtres humanoïdes vêtus de hardes déchirées mais ornées de pierreries rongent les cadavres gonflés de vers de leurs mères et leurs enfants. À leurs doigts brillent des joyaux magnifiques. Leurs cous sont parés de dizaines de chaines et de colliers. Même dans les jungles la corruption semble avoir touché chaque parcelle de vie. Des lianes cruelles étranglent lentement les branches des plus hauts arbres, luttant pour la lumière essentielle à la vie. Sous ce toit de feuilles règne un univers de ténèbres éternelles au cœur duquel les fongus ont atteint un stade où ils pensent et communique entre eux des poèmes obscènes. Pour ce qui est du monde animal il en a depuis longtemps été écarté, digéré par le limon ou étranglé par les branches bardées d’épines.
L’Artisan de Kadath passe entre ces fresques et du coup traverse leur destin. Il entre dans le temple, mort-vivant au pays d’une horrible finalité.
« Presque. Mon corps n’est pas rongé par les vers et mon âme pétrifiée n’a pas encore sombré dans la folie. Je suis au bord de ses lèvres mais Hastur ne m’a pas encore en bouche. »
C’est sur cette pensée que le vampire pénètre ce lieu sacré.

. . . . . . . .

Goetys ferme en vain les yeux. Les gueules, les membres tendus, les orifices baveux et affamés … Et ce grand œil immobile fixé sur lui. Ce qu’il a vu est imprimé à jamais sur ses rétines. Jamais l’horreur ne pourra en être effacée. Le mort-vivant arrache donc cette chaire souillée dans un grand flot de sang et de douleur. Les dents serrées il lance au loin les orbes sanglants, maudissant sans voix le Grand Ancien.
« Que les larves d’Azathoth aient ces yeux ! D’autres repousseront. »
Il se dresse en se retournant vers le Dieu. Guerrier aveugle aux yeux cernés de sang noir, sage Ulysse d’une mer de vaines ignorances, il fait face à l’infini.

Certains mystiques comparent Hastur au principe corrupteur en le liant à Shub-Niggurath dans une danse de divine opposition, Dieu destructeur face à sa compagne la Chèvre Noire, mère obscène et cruelle de toute vie. D’autres parlent de lui comme d’un mal singulier, possiblement un état d’âme contagieux, d’une impure impulsion morbide douée de conscience. Ô combien de ces visionnaires n’ont rien compris de son impossible réalité. Hastur est peut-être tout cela et davantage.



. . . . . . . .

Des heures plus tard le corps toujours aveugle du Pèlerin d’Aldebaran est déposé sans gentillesse sur le sable mêlé de terre rouge par une créature tenant autant de l’insecte que du mammifère. Le byakhee incline sa tête vers Svanna en claquetant de son bec. La tavernière s’agenouille et pose sa main sur le torse du vampire paralysé par l’horreur. Le rictus indescriptible figé sur le visage du Poète Fou est terrifiant, ses orbites écorchées le témoignage de l’ampleur de ses tourments.
- Pauvre fou, » murmure-t-elle à celui qui a jadis juré de ne jamais lui céder un cil. « Je t’avais prévenu. »






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MessageSujet: Re: L'Oeil Jaune d'Aldebaran.   Jeu 14 Mai - 14:08



Kadath tremble. Ses grands murs extérieurs se fissurent et craquent. Par endroit le mal étrange a déjà mis à bas des pans entiers.
Le ciel de la Cité des Songes est sous l'emprise d'une tempête tourbillonnante. Ceux qui osent lever les yeux voient entre les nuages noir et rouge des mouvements inquiétants. Quelque chose d'immense, non, d'incalculable descend sur la ville tandis que les tuiles des toits s'envolent vers ce chaos.


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MessageSujet: Re: L'Oeil Jaune d'Aldebaran.   Sam 16 Mai - 11:00



L’Oeil Jaune d'Aldebaran.
La Mission.

Le Loup de Tindalos reprend conscience dans une mer de ténèbres et de douleur.
En ce premier moment son esprit n’est qu’un vide désorganisé, un vaste flou d’impressions désagréables. Il porte instinctivement une main à ses yeux.
Il sait que quelque part sur Terre ses alliés luttent autour des murs où repose son corps. Des deux côtés se trouvent ses amis, ses alliés, frères, sœurs, anciens Novices et frères d’âme. Il cherche à rejoindre ce corps et se rallier à sa chair mais sans succès. Malgré lui le rêveur est entrainé ailleurs, vers un monde impalpable accroché à la matière. Sa mémoire lui revenant d’un coup, Goetys plonge en hurlant vers les Contrées du Rêve de l’étoile Aldebaran.

- Doucement Goetys. Calme-toi. Tout va b … »
Svanna ne peut terminer sa phrase. Même sans le sens de la vision le revers de la main du Démon de Leng trouve la joue de la marchande d’âme dans un claquement sonore.
- Je t’ai prévenue de ne jamais m’appeler ainsi. »
Sa voix rauque le surprend. Brisée par ses hurlements elle n’est plus qu’un murmure croassant. Le long silence de Svanna en dit long sur son expression choquée. Goetys n’a pas besoin de la voir pour deviner qu’elle est rouge de colère sous son fard infernal.
Il se racle la gorge en vain.
- Où sommes-nous ? Combien de temps suis-je resté inconscient ? Kadath … »
Mais rongé d’un doute terrible il ne termine pas sa phrase.
- Ton Académie va bien … pour le moment. »
Le Loup de Tindalos serre les poings. Le souvenir des horreurs survenues sous la surface de ce monde impie se fracasse encore sans ordre contre le quai de sa mémoire. L’Univers entiers semble chavirer. Sa bouche s’emplit de salive rosée par le sang, signe qu’il va bientôt rendre le contenu de son estomac. Il roule sur le côté et vomi de grandes bouchées de chair putréfiée.
La chose déguisée en femme caresse son dos.
- Tu sais quel destin Nyarlathotep réserve à Kadath, petit Loup. L’œil Jaune t’a encore une fois montré ton destin. Ta précieuse école tombera mais ce n’est pas encore fait, » lui chuchote-elle.
Comme par miracle tout se replace alors en lui. Toutes les parcelles éparses de son esprit brisé tremblent à l’unisson ; toutes les traces n’ayant pas été détruites par le Grand Ancien, Il se souvient des désirs d’Hastur l’Innommable, de ce qu’il peut tenter pour sauver le petit monde fragile qu’il a échafaudé.
- Oui. Je ... Je dois partir sans attendre. Je crois que les membres de l’Académie sont attaqués par nos alliés mais cela ne fait aucun sens.
- Vraiment ? »
Goetys se mord la lèvre. Hastur. Le Grand Ancien a toujours été un agent de corruption. Seigneur de l’excès et de la putréfaction il est aussi le Prince des Sombres Explorations et des Déviances. Artistes enivrés à la recherche des limites de l’étrange et cannibales déments lèvent les yeux vers lui lorsque le bon sens dort. Certains des peuples de la Terre l’ont autrefois adoré ouvertement, notamment les tristement célèbres Tcho Tcho qui furent chassés et presque anéantis par les lames de ceux qui s’étaient nommés Justes et Droits. Les fous n’ont fait que pousser le culte himalayen à migrer à travers le monde emportant avec lui ses pratiques jugées trop horribles pour survivre. L’idée d’Hastur est immortelle.
- Il m’a parlé. Je fus dupé, Svanna.
- Oui, par Nyarlathotep.
- Oui.
- Tu as aidé l’Homme Noir en sortant le Masque Livide de son cercle protecteur et en le ramenant vers Kadath, à sa portée. Depuis le début tu n’as fait que répondre à ses avance et embarqué dans ses plans. Grâce au Signe Mutable tu as créé un lien entre les rêves des Autres Dieux et ceux des hommes, lui donnant les raisons et les excuses pour enfin détruire la cité onirique. Pire, tu as ramené vers elle la colère de Yig en y restaurant ce que lui avait perdu. Le Messager Maudit a plaidé sa cause devant le Sultan des Démons et Azathoth, voyant des morts-vivants et des maux anciens en son paradis perdu, choisit d’obtempérer. Nyarlathoep a réussi à se jouer de toi, ô Serrurier. »
Le Loup de Tindalos ferme ses yeux sur ses orbites écorchés.
- Alors tout doit finir.
- Tout est déjà fini. Au moment où nous parlons Kadath commence sa destruction. Un grand Chaos venu du vide spatial descend sur elle, l’emportant vers les étoiles pour y être anéantie. »
Un frisson passe sur lui.
- Alors je dois quitter, » crache-t-il en se relevant. « Je dois retourner sur Terre sans attendre!
- Mais il est trop tard, cher Prince Jaune. »
Vif comme l’éclair Goetys attrape la chose inhumaine par la gorge, la soulève et l’attire sèchement à un cil de son visage.
- Il n’est jamais trop tard pour le Loup de Tindalos. »

Quelques heures plus tard entre les mondes et les étoiles un essaim de créatures composites plane sur des courants impalpables. Assis sur le dos de la bête aux ailes de cuir, ses mains crispées sur le crin dru poussant sur la nuque du byakhee, Goetys médite frénétiquement à ce qu’il doit maintenant faire.
« Hastur m’a donné la clé. L’Innommable tant haït des hommes sera leur seule voie de salut. Les humeurs et principes puritains des vivants peuvent bien aller périr chez les gugs, le Grand Ancien et ses pratiques cannibales conviennent parfaitement au vampire que je suis. »
Il cherche de son regard trouble la silhouette de Svanna perchée sur une bête voisine.
« J’aurai besoin de mes alliés, de mes contacts et mes ressources occultes. L’Académie devra changer. Le Signe Mutable de Nyarlathotep fut un pont par lequel la corruption entra en Kadath. Je ne me pardonnerai jamais cette faute mais je saurai au moins minimiser les dégâts que j’ai causés dans ma hâte.
L’Académie changera. Je sais maintenant comment piéger l’Homme Noir à son propre jeu. La destruction qu’il fait pleuvoir sur Kadath sera la porte par laquelle j’entrerai victorieux dans l’avenir. »
Le Prophète d’Aldebaran ne peut retenir un rire soudain, son inexistant dans le vide du Cosmos. Hastur lui avait montré la voie.
Nyarlathotep détruirait d’abord l’enceinte de la cité des rêves. Il s’y acharne surement en ce moment même. Mis à bas, les murs de Kadath ne sauraient retenir les rêveries des dieux et sans ce mortier primordial les bâtiments colossaux seraient vite promis au néant. Kadat ne peut exister sans les Dieux. Mis à bas, les murs conceptuels deviendraient toutefois aussi le secret de son salut.
Durant des éons ce mur avait tenu les hommes hors de Kadath. Goetys avait eu besoin du Signe Mutable de Nyarlathotep, cette chirurgie étrange performée sur chaque vampire désireux d’entrer à l’Académie, afin de retrouver le lieu et d’y entrer. Mais plus maintenant....
Le vampire fonce vers les Contrés du Rêve de la Terre avec en son cœur le secret du futur. Il porte en lui l’incantation qui reliera l’Innommable au masque convoité par l’Homme Noir, privant le Messager de son triomphe. Ce sera comme si Hastur lui-même dormait dans l’artéfact et l’influence directe du Grand Ancien sur Kadath saura en préserver une partie intacte.
La grande cathédrale où le sorcier a fondé l’Académie survivrait le maelstrom.
« Je te reconstruirai, Kadath. Le clan changera. L’école si chère à mon cœur accueillera bientôt les âmes des rêveurs de toutes origines et toutes espèces. Massés dans les Jardins du Monolithe des centaines viendront partager et apprendre. De cette nouvelle Académie j’ouvrirai vers la Terre les portes du Cosmos et retisserai les liens anciens entre les Dieux et les Hommes.
« Oui le clan changera. Ce que nous protègerons dans la cathédrale sera le principal ancrage de Kadath aussi devrais-je y resserrer la sécurité. Je ferai de ce lieu de culte et de prières une forteresse vouée à la connaissance et au savoir. Seuls les plus dévots et les plus méritants se verront ouvrir les portes de cette redoute. Nous serons une élite, moines guerriers de Kadath et sages assassins dans la nuit.
« Nous te protègerons, Kadath l’Inconnue. Nous te dévoilerons au monde et tes maîtres avec toi. »





Ce texte accompagne un important changement dans le clan de vampires de l’Académie de Kadath. L’élargissement et le réaménagement de sa section publique et un certain remaniement de son Forum illustreront ces transformations. Le clan sera donc dissous très prochainement afin d’être recréé sous sa nouvelle formule moins de 24 heures plus tard.


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