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 De l'Amour à la Haine

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Xananka

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MessageSujet: De l'Amour à la Haine   Jeu 10 Sep - 17:43

Xananka considéra longuement les vampires réunis pour entendre son récit.
- Passer de l'amour à la haine..., murmura-t-elle, cela vous est-il déjà arrivé mes amis ?
Quelques vampires montrèrent des signes d'approbation, d'autre de dénégation, et certains n'osèrent se prononcer avant de savoir où la Tutrice voulait en venir.
Elle continua :
- Car c'est là la raison de ma récente absence d'une semaine

Elle soupira puis entreprit un long récit.
- La plupart d'entre vous connaît les grandes lignes de mon passé, mais je n'ai fait que vous exposer l'essentiel... Ce que vous devez savoir à présent, c'est que j'avais une soeur, de quatre ans de plus que moi. Pyrène.
A l'époque d'où je viens, les liens familiaux ne voulaient pas dire grand chose. Pourtant, lorsque nous étions petites filles, nous étions inséparables, en totale osmose. Mais en grandissant, elle changea. Nos liens se défirent progressivement, nous vivions simplement sous le même toit, sans plus aucune autre attache.
Cependant, Pyrène était devenue relativement étrange. Hystérique, c'est ce que diraient les psy du XXe siècle. Mais à l'époque, la psychologie n'existait pas. Nous avions fini par la croire possédée.
Elle rechignait à tout, spécialement au travail de la ferme. Elle piquait des colères terribles, allant jusqu'à nous frapper, moi et notre autre soeur, pourtant plus âgée.
Cela dura des années. Jusqu'à ce que les villageois se plaignent. Vint alors l'idée du démon. Beaucoup voulaient alors la brûler, mais personne n'osait s'approcher d'elle pour la conduire au bûcher. Elle fût donc bannie du village.
Peu après, je rencontrais Arès et fût intégrée au monde de la nuit...

Les Kadathiens attendaient, attentifs et curieux de savoir où Xananka voulait en venir. Elle reprit :

- De nombreuses années passèrent et ma famille disparut peu
Pourtant, une nuit particulièrement agitée en compagnie dArès, je ressentis un autre vampire qui me troubla bien plus qu'à l'ordinaire. Curieuse, j'ai alors décidé de remonter la piste de ces effluves mentales.
J'atterri dans un repère sombre, décoré de squelettes, les crânes servant de bougeoirs. Alors que je me demandai quel type de damné pouvait aimer à ce point les clichés, un rire glauque résonna dans mon dos. C'était Pyrène. Je n'eu pas besoin de me retourner pour le savoir, je connaissais trop cette voix.
La joie de retrouver un membre de ma famille me fit oublier son problème.

Un court rire désabusé de la Tutrice ponctua le récit.
- Elle joua le jeu des retrouvailles à la perfection.
Elle avait elle aussi été transformée en vampire, mais son créateur l'avait ensuite abandonnée. Enfin ça, c'était ce qu'elle voulait que je crois...
En réalité, son créateur n'était autre qu'Héloïse, la pire ennemi d'Arès... et donc la mienne aussi. Mais je ne l'appris que bien plus tard.
Pyrène feigna de vouloir "reformer la famille".
Nous nous sommes souvent revues. J'étais heureuse de voir que la complicité de notre enfance était de retour. Ce que j'ai pu être naïve... Même mes dons de Capteur d'Esprit en étaient affectés, je n'ai jamais su lire ses desseins dans son esprit.

Le visage de Xananka se teinta soudain de colère.
- Je finis par la présenter à Arès. Elle vint emménager dans notre demeure et participa à nos luxueuses fêtes de débauche.
Puis vint le jour où elle révéla sa véritable nature. Elle tenta de tuer mon créateur alors qu'il dormait. Ses sens vampiriques le firent se réveiller à temps pour stopper la lame à quelques millimètres de son corps. Pyrène hurla de rage, ce qui me fit sortir de ma léthargie.
S'ensuivit un combat à deux contre un que nous aurions du gagner, mais sa rage hystérique décuplait ses forces. Je revit avec horreur ses mimiques et gestes de folie qui m'avaient tant terrorisées lorsque j'étais humaine.
La lutte dura longtemps. Puis sans raison, elle se décida à fuir. Nous l'avons poursuivie un bon moment, n'ayant rien à craindre du soleil, mais elle disparu subitement dans une foule sans que nous ne comprenions vraiment comment elle avait fait.
A partir de là, nous avons souvent eu l'occasion de la sentir dans les parages sans jamais la trouver.
Le temps passa...
Vint la séparation d'avec Arès, puis mon errance à travers le monde. Vint Aria. Avec elle, une autre personne illumina mon existence.
Il s'appelait Kanan.

Les dons de Xananka lui permirent de sentir la question que tous se posaient : pourquoi n'avait elle jamais parlé de Kanan lorsqu'elle parlait de son expérience chez Aria ?
La réponse était simple : des centaines d'années après, cela lui était encore bien trop douloureux...

- Quelques mois après ma rencontre avec Aria et Kanan, Pyrène refit surface.
Son plus grand plaisir fut d'assassiner Kanan alors que j'étais loin dans la montagne, à méditer avec Aria.
Je découvris le carnage en rentrant. Du sang partout, un corps désarticulé, éparpillé dans la petite cabane. Et surtout cette expression terrible sur le visage de Kanan : une souffrance atroce.
Les effluves mentales et le procédé ne laissaient aucun doutes sur l'auteur de ce crime.
Aria m'empêcha de me lancer à sa recherche, arguant que ma formation n'était pas finie, que je devais rester, que c'est ce que Kanan aurait voulu.
Lorsque des années après je quittais Aria, elle avait su apaiser ma colère.
Ne constatant aucune trace de ma soeur autour de moi, je finis par penser qu'Arès ou un autre avait eu sa peau. J'entrais finalement en hibernation, avant de me réveiller et d'arriver ici après un nouveau départ chaotique.
Mais il y'a envion deux mois, son odeur arriva jusqu'à moi, elle était toujours "en vie". Je lançais immédiatement mes meilleurs espions à sa recherche.
Lorsqu'enfin on la localisa, je partis de suite, soigneusement équipée pour me venger...








Dernière édition par Xananka le Mer 11 Mai - 7:54, édité 2 fois
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Xananka

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MessageSujet: Re: De l'Amour à la Haine   Mar 10 Mai - 20:50

Il m’a fallu marcher 3 nuits et 3 jours pour atteindre son campement. Comme vous le savez déjà, je ne crains pas le soleil, mais marcher sous un soleil de plomb m’affaiblit quand même.

J’arrivais donc au campement très fatiguée. Pyrène n’était pas là, mais je reconnus son odeur. Je décidais donc de l’attendre, sans me cacher. A quoi cela aurait-il servi ? Cela faisait des siècles que l’on jouait au chat et à la souris, l’heure de la confrontation avait sonné.

Elle était certainement partie en chasse, et si je ne me nourrissais pas très rapidement, j’aurais un désavantage certain. Sans trop m’éloigner du campement, j’attrapais quelques lapins pour m’en nourrir. Ca ne vaut pas un esclave de Kadath, mais on fait avec ce qu’on à sous la main hein…

Ma sœur a fini par se montrer 5h après mon arrivée. Une traînée de sang humain était encore visible au coin de sa bouche. Dans un tel désert, je me suis demandée où elle avait bien pu trouver une proie… Sans doute une caravane de malheureux marchands qui n’atteindrait jamais sa destination.
Elle a tenté de me sauter dessus par surprise. Mais on ne surprend pas un Capteur d’Esprit aux aguets. Son attaque furtive échoua lamentablement, et nous nous sommes rapidement retrouvées face à face, autour d’un feu de camp qui semblait se faire tout petit face à la haine palpable entre nous.

L’étincelle de folie dans l’œil de Pyrène me fit frissonner. Au cours des siècles de mon existence, j’en ai croisé des malades. Mais jamais aucun n’avait possédé une lueur de ce type. Si toute la violence et la cruauté du monde devaient être rassemblées dans un seul être, sans hésiter je jurerais que cet être serait Pyrène.
Sa voix tremblante troubla le silence.
- Alors petite sœur, on vient dire bonjour ? Après tout ce temps ? C’est malpoli d’ignorer sa sœur si longtemps tu sais….
- Tais-toi… murmurais-je, tentant d’endiguer le flot de rage menaçant de remonter à la surface
- Eh bien, laisse-toi aller sœurette… Brise donc les digues qui retiennent ta colère. Tu meurs d’envie de me tuer depuis des siècles. Maintenant que nous sommes face à face, qu’attends-tu ?
Je dois bien avouer que je l’ignorais. Je rêvais de lui transpercer le cœur, et soudain je n’osais plus passer à l’offensive. Pourquoi donc ?

Pyrène ricana.
- On dirait que cette sotte d’Aria a fini par te laver le cerveau ! Je ne m’attendais pas à ça !
Mon sang ne fit qu’un tour. Aussi vive que l’éclair, j’attrapais ma fidèle francisque accrochée à ma ceinture, et sautait par-dessus le feu de camp, pour m’attaquer à cette vampire qui n’avait plus rien d’une sœur.
S’ensuivit un long combat. Nous avions été transformées à quelques mois d’intervalles, par des vampires de même force. Nos forces étaient donc relativement semblables.
Je perçus très vite en elle une odeur vaguement familière, mais que je n’arrivais pas vraiment à identifier.
Pyrène finit par avoir un léger avantage sur moi. J’avais beau m’échiner à frapper et à contrer ses coups, elle gagnait du terrain. Je n’avais presque rien mangé, mais cela ne pouvait pas tout expliquer.
Au bout de plusieurs heures de lutte, je me retrouvais au sol, haletante. Pyrène en profita pour se ruer sur moi, et me maintenir au sol en appuyant de tout son poids. Elle appuya la lame de ma propre francisque sur ma gorge.
Je mobilisais toutes mes forces pour tenter de la repousser.
- Alors sœurette, on faiblit ? dit-elle en ricanant. Je suis déçue, j’espérais que tu m’offrirais une résistance digne de ce nom. Mais tanpis, je prendrais quand même plaisir à te tuer…

Soudain, je compris pourquoi elle était si forte : cette odeur que j’avais perçue, c’était celle d’Héloïse ! Elle était toujours vivante, et avait nourri Pyrène de son sang. Pas étonnant que ma sœur soit si forte…
- Tu triches grande sœur… ce n’est pas toi qui gagnes ce combat, c’est Héloïse !
- Et alors ? La fin justifie les moyens… En prenant sa force, j’étais sûre de pouvoir te tuer, c’est tout ce qui importe.
Alors que j’allais me résigner à baisser les bras –un moyen de retrouver Kanan en quelque sorte- une flèche siffla à nos oreilles. Je me ressaisis aussitôt, et dégainais la dague offerte par Aria, toujours cachée dans ma botte, et la lui plantais dans le dos alors qu’une seconde flèche venait se ficher dans son épaule.
Ma sœur hurla de rage et de douleur, et j’en profitais pour l’envoyer bouler à quelques mètre. Alors que je me relevais, une troisième flèche se planta aux pieds de Pyrène.
- Toi aussi tu triches ! hurla-t-elle. Tu n’es pas seule !

Elle détala vers la forêt. Je ramassais ma francisque et partis aussitôt à sa poursuite. J’ignorais qui était mon mystérieux appui, mais pour le moment tout ce qui comptait, c’était d’arrêter Pyrène.
Après une bonne heure de course, je m’arrêtais dans une clairière. La trace de ma sœur avait disparu. C’était impossible, je ne pouvais échouer si près du but !

Elle surgit soudain derrière moi, et tenta de m’attraper à la gorge de ses doigts griffus, déformés par la colère et l’hystérie. Une nouvelle lutte commença, mais cette fois elle était moins forte. Déconcentrée par la rage, elle était incapable de réfléchir et de porter des coups stratégiques. Au contraire, j’avais profité de la course pour remettre mes idées en place. J’appliquais à présent tout mon savoir ancestral acquis au cours de ma longue quête à travers le monde. Etonnamment calme et détachée de tout, je combattais avec une facilité impressionnante.
Je parvins à lui décocher un violent coup dans le torse, qui l’envoya au sol, sonnée. Reprenant ma dague, je levais le bras pour lui transpercer le cœur et… stoppait net à quelques centimètres de sa peau, incapable d’aller plus loin.
Des larmes roulèrent sur mes joues, et je m’affalais aux côtés de celle qui fût ma sœur tant aimée.
La voix d’Aria me revint en tête « Maitrise tes émotions, la colère n’amène jamais rien de bon. Ne tue que pour le besoin, et jamais par vengeance ». Comment rompre le serment que j’avais fait à celle qui m’avait tant appris ?

Une voix masculine sortit soudain de nulle part :
- Je savais que tu serais incapable de la tuer. C’est pour ça que je suis venu.

Cette voix, c’était impossible. Me redressant prestement, j’essuyais mes larmes et sondait le terrain.
Il apparut devant moi. Noble, fier, et terriblement beau. Ares. Un torrent de sentiments contradictoires se déchaîna en moi alors qu’il s’approchait. La joie, la passion, la colère, la rancœur.
- Tu n’as pas changé Xananka. Toujours aussi fragile. Sans mes flèches, tu serais morte là-bas, près du feu.
- Héloïse lui a donné son sang.
- Je sais. J’avais espéré que cette garce soit morte depuis longtemps. En lui prenant Pyrène, nous l’affaibliront.
Joignant les gestes à la parole, il brandit une épée au-dessus de la poitrine de ma sœur, toujours inconscient.
- NON !! hurlais-je, en me jetant sur le corps de Pyrène pour stopper la lame.
- Enlève-toi, si je ne la tue pas, c’est elle qui prendra ta vie !
- Tu ne peux pas la tuer ! Elle est ma sœur… gémis-je entre mes larmes.
- Une sœur qui rêve de te tuer depuis des siècles… marmonna Arès en baissant son épée. Allez, pousses-toi de là, et laisse moi faire.
Il rengaina sa lame et étendis les mains paumes à plat au dessus de Pyrène.
- Que comptes-tu faire ? demandais-je avant de décider si j’allais ou non m’enlever.
- Tu m’interdis de la tuer, mais je dois la neutraliser. Un vieux sorcier m’a appris un jour à pétrifier les gens. Je ne vois pas d’autre option dans le cas présent.

Des questions se bousculèrent dans ma tête. La pétrifier ? Et ensuite ? Pourtant, mon instinct m’incita à me lever pour laisser le champ libre à celui qui m’avait créée.
Il marmonna quelques formules incompréhensibles, et une vive lueur bleutée émana de ses mains. Elle enveloppa le corps de Pyrène, qui se calcifia lentement. Gorgonne n’aurait pu mieux faire. En quelques minutes, il ne restait de ma sœur qu’une statue paisible, à l’air endormi.

Ce spectacle me laissa de marbre, sans mauvais jeu de mot. Là où quelques minutes avant j’étais terrifiée et attristée à l’idée de perdre ma sœur, je devenais soudain insensible à son sort.
Devinant mes pensées, Arès s’approcha de moi et m’enlaça.
- C’est parce qu’au fond de toi, tu sais que c’est ce qu’il y avait de mieux à faire, murmura-t-il à mon oreille.
Puis il m’embrassa avec une tendresse que je n’avais plus connue depuis longtemps, et il disparut dans la brume, comme s’il n’avait jamais existé.

Je me retrouvais seule face à la statue de ma sœur. La douce voix de Kanan parvint dans mon esprit :
- Me voilà vengé. Xan’, tu sais qu’il te reste à dissimuler la statue. Il ne faudrait pas qu’un sorcier puissant lui rende la vie.
Ecoutant les conseils de cet être cher disparu, j’ai enseveli Pyrène, quelque part sous des tonnes de roches, avant d’entamer mon retour vers vous, chers amis.
Il me reste à découvrir pourquoi Arès est venu m’aider, pourquoi il agit ainsi, pourquoi il n’est pas resté. Je sais aussi qu’Héloïse est toujours quelque part, et qu’un jour elle pourrait bien réapparaître dans ma vie.


Au cours de vôtre quête, vous avez trouvé ceci : Légendaire bon arc de la Vengeance.




P.S : S'il y a des fautes ou mots manquants, désolée, je n'ai fait qu'une relecture rapide... je verrais ça à tête reposée, vu que je vous livre ce texte tout juste fini ^^
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