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 La flamme du désert - la danse des dunes

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[LAF] Damralh

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MessageSujet: La flamme du désert - la danse des dunes   Mer 27 Juin - 11:09

Bonjour à tous,

Je passe dans le coin vous déposer le premier chapitre d'une nouvelle histoire.

J'espère que cela vous plaira!



Chapitre I: Braise, brise, la valse des étincelles

Les lourdes gouttes de sueur ruissellent sur son front, sur sa nuque, dans son dos, tandis que la jeune femme, agenouillée devant une meule de pierre plate, un galet dans la main gauche, broie avec efficacité une poignée de feuilles et de graines en une pâte épaisse. La chaleur de l’après-midi se dissipait à peine, et le travail pénible était rendu presque intenable par l’oppressante chape de plomb rémanente. Mais Unangui continue à ajouter les ingrédients à sa préparation, une feuille après l’autre, une pincée de graine à la fois. Parfois ses yeux se ferment et sa tête dodeline, et à chaque fois elle se reprends, et récite une nouvelle fois la recette, comme un mantra dédié tout entier à l’accomplissement de sa tâche. Sa Maîtresse est assise dans un coin, à surveiller ses mouvements, à veiller qu’elle ne gâche pas les simples précieux. Dans le désert de sables rouges, les plantes sont rares, et celles et ceux qui en connaissent les secrets plus encore.
« Prends garde à ce que tu fais, petite sotte ! »
L’admonestation de la vieille femme claque dans l’air comme un éclair de chaleur. Unangui sursaute, une pluie s’échappe de ses épaules et frappe la poussière en une brève averse. Ses yeux se sont fermés un peu trop longtemps cette fois, et sa main a été lourde, presque trop.
« C’est bon, tu le vois bien ! Ramasse ça ! »
L’esclave se reprends, se lève, étire rapidement ses jambes engourdies. Sous le regard de sa maitresse, Unangui se baisse, frotte consciencieusement le galet, avec sa main d’abord, récupérant le plus de pâte possible, puis avec du sable pour le nettoyer des restes de fibres et de chair juteuse. Elle ramasse un petit bol, prends la pâte sur la pierre avec ses doigts et la transfert rapidement dans le récipient, qu’elle recouvre d’un disque de tiges tressées en guise de couvercle. Encore, elle frotte la pierre avec du sable, achevant son petit rituel et laissant la place aussi propre qu’elle était lorsque la jeune femme s’y est agenouillée. Dans son coin, la vieille femme hoche silencieusement la tête, puis se lève et quitte la salle sans un mot. Son petit pot dans la main gauche, la droite reposant sur le couvercle, Unangui la suit.
« Tu as bien fait, aujourd’hui. Mais surveille tes mains, tu sais bien que tu es maladroite ! »
La tance son acariâtre Maîtresse.
« Oui, Maîtresse. »
C’est là la seule réponse autorisée à Unangui, mais dans son dos, sa maitresse ne la voie pas esquisser un sourire en coin à son petit compliment, car ils sont rares. Cela fait plus de dix saisons que Maîtresse l’a achetée pour une bouchée de pain à un vendeur d’esclaves venu de la Grande Citée. Unangui était sa plus belle pièce, et il espérait en tirer un bon prix. Après qu’elle l’ait mordue jusqu'à lui sectionner deux doigts, il a choisi de se débarrasser d’elle pour conserver les autres… Maîtresse est celle qui as prodigué les soins à l’homme, sous le regard fasciné de la fillette. Elle s’appelle Siannan. Jamais personne n’utilise ce nom. Lorsqu’ils ont besoin d’elle, ils l’appellent « Grande Mère ». Lorsqu’ils pensent qu’elle n’entend pas, ils l’appellent « la Sorcière ». Unangui est la seule à avoir le droit de l’appeler « Maîtresse ».

Tandis que le sang coulait des petits tubes roses et violets qui dépassaient des moignons de doigts sectionnés, la plupart des gens sur la place du marché s’étaient mis à crier. Les femmes se cachaient les yeux de leurs mains, les hommes fronçaient les sourcils et demandaient des comptes, leurs poings serrés sur la poignée de leur coutelas ou la hampe de leur lourd bâton de marche.
Unangui n’avait pas peur. Elle était trop jeune pour comprendre. Ou pour imaginer ce qu’une foule en colère peut faire. Maîtresse avait été appelée pour s’occuper du blessé, et avait fait jouer de son autorité pour emmener la fillette, plutôt que de la laisser au groupe et à sa justice expéditive.
Tandis qu’elle faisait boire à l’esclavagiste un breuvage verdâtre rapidement préparé, elle avait offert ses soins et ce qu’elle avait sur elle à l’homme en échange de la vie de la fillette. Un rapide examen des bleus, des coupures, des yeux trop secs pour pleurer encore lui avaient rapidement fait comprendre qui était vraiment la victime. Le marchand, trop heureux de se débarrasser de celle qui appelait « la Furie », encaissât bien vite les quelques pièces de sa main valide, avant de déguerpir, son bandage à peine fixé, Maîtresse lui criant de la changer matin et soir tandis qu’il disparaissait à un angle de la place.

Avait alors commencé le long voyage de retour vers le petit abri du clan, un rocher percé de grottes, perdu au milieu d’une mer de sable ocre. Maîtresse avait commencé son instruction immédiatement, de son ton froid et analytique. Lors de ce premier voyage, Maîtresse la terrifiait, et Unangui avait peine à retenir les noms de tous les simples et bêtes croisés sur le chemin, de toutes les vertus des poisons et des venins, et des risques manifestes à manipuler ces plantes et animaux sans les connaissances nécessaires. Chaque soir elle pleurait, tout en massant ses pieds écorchés d’un baume cicatrisant. Chaque soir elle s’effondrait d’épuisement. Et tandis que ses pieds se couvraient de corne au contact des sables brûlants, son esprit se durcit au contact de sa Maîtresse intraitable.

Elle connaît maintenant toutes les herbes, toutes les bêtes et peut citer de tête les recettes des onguents et infusions utilisées par le petit clan dans sa vie quotidienne, ou vendus sur les marchés tenus aux quatre coins du désert. Mais sa Maîtresse insiste pour qu’elle connaisse toutes ses recettes avant de l’autoriser à copier son grimoire. Alors Unangui apprends. Aujourd'hui, elle à réaliser une potion de plume de phénix, pour guérir la fièvre d’une fillette, Amatea, en échange d’un jambon sec et de deux régimes de bananes vertes. C’est une potion rare, et c’est seulement la seconde fois en dix ans qu’elle la prépare. Mais grâce à son étude assidue, elle n’a pas échoué au test de Maîtresse, et c’est le cœur plein d’espoir qu’elle imagine passer enfin du statu d’esclave et d’apprentie au statut de guérisseuse…

Tandis que les deux femmes empruntent les séries de corridors de pierre, dont les goulets étroits portent encore les marques des outils qui ont permis de les élargir à taille humaine, le sol se met à vibre, et la sorcière comme son élève sont jetées à terre. Maîtresse s’aide des parois pour se relever et se retenir de tomber à nouveau, tandis que toute la grotte est secouée en saccades.
« Dépêche-toi, Unangui ! » Crie Maîtresse à son élève, encore prostrée au sol, contemplant le fruit de son labeur répandu sur le sol, la précieuse essence bue par la terre sèche.
Le crie est comme un électrochoc, et Unangui se relève d’un bond rapide, tel un diablotin jaillissant de sa boîte. Les deux femmes courent le long des murs de pierre brute, écartent les tentures si violemment que certaines s’arrachent et tombent au sol. Arrivées dans la grande salle, elles ne peuvent que contempler la dévastation. Maîtresse est arrivée la première, et s’arrête si violemment qu’elle glisse et s’écorche les paumes, les poignets, les genoux sur le sol de pierre, avant de repartir vers l’entrée, percutant et repoussant Unangui au passage. Juste à temps pour se protéger de la langue de feu jaune vibrant, ourlet d’un rouge intense, qui la suit de près et vient frapper la pierre du mur après l’ouverture.

Le reflèxe de maîtresse leur as probablement sauver la vie à toutes les deux. Unangui déchire le pan de sa robe fendue et bande d’un geste expert les plaies les plus profondes de sa Maîtresse. Celle-ci, en état de choc, n’as que la force de prononcer un mot :
« Phénix ! »

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[LAF] Damralh

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MessageSujet: Re: La flamme du désert - la danse des dunes   Jeu 26 Juil - 5:55

Chapitre II: Flammes, tempête, une gigue embrassée

La bête tentait d’entrer dans le refuge.

Sa tête passe à peine par l’ouverture, mais le Phénix s’évertue à l’élargir, à grands coups de serres et de bec. Ses cris de frustration font place ponctuellement au sifflement aigu de l’air transformé en brasier ardent par la gorge mutante de l’oiseau géant. Ses crachats de feu tapissent de flammes l’intérieur de la grande salle, tandis que ses coups d’ailes frénétiques attisent les brasiers et forcent les volutes épaisses dans les couloirs donnant sur les cellules et les dépôts, dans le fond du réseau de grottes.

Les blessures de Maîtresse maintenant bandée, Unangui et elle s’enfuient face à cet adversaire insurmontable. Au fur et à mesure de leur progression dans les boyaux tortueux, maintenant opacifiés par les émanations de leur passé en combustion, de plus en plus de gens les suivent, se tournant spontanément vers la figure d’autorité qu’est pour eux la Grande Mère en ce temps de péril. Malgré sa souffrance, Maîtresse reste noble et autoritaire, clamant des ordres brefs aux membres du clan déboussolés par la brutalité et la brusquerie de l’attaque. Rapidement, des vivres, des abris de voyage et quelques richesses sont rassemblés. Unangui à apporter quelques objets de leurs petites cellules, un marteau et un pilon portables, des couteaux et pinces en bronze pour les opérations, des vélins et un nécessaire d’écriture pour les recherches de Maîtresse, quelques vêtements. Les habitants, certains en pleure, d’autres en état de choc, la plupart déterminés, finissent de préparer les petits ballots de ce qui reste de leurs vies ; Unangui est parmi eux, les aide à ne prendre que ce qui nécessaire et à abandonner ce qui est sacrifiable.

Un choc épouvantable, une brusque bourrasque de poussière et de fumée, un caquètement de triomphe marquent l’effondrement de la grotte principale, et des lézardes ne tardent pas à se former sur les murs et les plafonds. Le cataclysme fait reculer les désormais sans abris, et signal le départ de leur long exode. Dans la cohue des corps comprimés par la terreur contre une trop petite sortie, vers les crevasses et les crêtes des montagnes auxquels le refuge était adossé ; Maîtresse fait jouer une dernière fois de son autorité et répartis les réfugiés en petits groupes, chacun s’élançant à travers le seuil de pierres bruts vers un chemin de chèvres rocailleux et un futur incertain.

Unangui regarde les habitants s’enfuir, et avec eux s’échappe les derniers moments de sa vie dans cette petite oasis au milieu du désert. Maîtresse s’approche.
« Il est temps d’en finir, ma petite. » Enonce doucement la femme, sa robe couverte de poussière et de sang séché, ses mains bandées et ses cheveux roux striés de mèches blanches en pagaille n’enlèvent rien à sa prestance.
« Maîtresse ? » Unangui ne sait que dire.
« La tradition voudrait que tu copie mes écrits, mais ce maudit oiseau en à décider autrement, Unangui. Tu as terminé ta formation. Cela fait déjà un certain temps que tu es suffisamment versée dans les arts pour poursuivre seule ta route, mais je te trouve encore si jeune… » Un demi sourire frémit sur les lèvres de Siannan, son amusement étincelle dans ses yeux clairs. « Mais je n’étais pas plus âgée que tu l’est quand j’ai quitté ma propre Maîtresse ! Tout est peut-être pour le mieux… Je ne peux pas m’empêcher de continuer à te voir comme la petite fille en guenilles trainée à travers le désert par un homme qui ne voyait en elle qu’une poignée de pièces, sans comprendre que ton talent n’a pas de prix ! Il n’est plus temps pour moi de te protéger. Il est temps pour toi d’aller seule là où te conduisent tes pas. Vas ! Mes espoirs et mon admiration sont avec toi, ma très cher Unangui. » D’une volte brusque, Siannan laisse la jeune fille en état de choc, et s’en retourne aux quelques survivants restants ; organise deux groupes, et s’en vas vers l’est avec l’un d’eux.
Le dernier groupe alterne des regards inquiétés et tendus entre Unangui et les tunnels qui se désagrègent toujours sous les coups du Phénix. Celle-ci masque une profonde inspiration en se baissant pour ramasser les deux petits baluchons ; et à retrouver sa contenance lorsqu’elle se redresse. D’un geste sec, elle fait signe aux fuyards de se diriger vers la sortie.
Tandis qu’Unangui ferme la marche, un pépiement de rage, suivi d’une secousse particulièrement importante, secoue toute la montage. Les tunnels restant s’effondrent dans une série d’éboulement et un souffle de poussière et de gravats aveugle et fait tousser le groupe d’Unangui. La poussière retombe lentement, et Unangui se dirige de la main et fini par agripper un bras, mince, trempé de sueur que la poussière à transformer en une croute de boue. Amatea pousse un cri. La petite fille n’est toujours pas guérit de sa fièvre ; et sa potion est maintenant enterrée sous plusieurs tonnes de gravats. Unangui s’agenouille, enlace la fillette et tente de la calmer.

« C’est moi Amatea, c’est Unangui ! Ne t’inquiète pas, nous sommes sortis à temps, tout vas bien, tout vas bien se passer ! »

La voix de la mère d’Amatea retentit dans la pénombre, suivi de nombreuses autres. Bientôt les membres du petit groupe sont serrés autour d’Unangui et de la fillette. Unangui pousse Amatea dans les bras de sa mère, se redresse, et prenant la manche de celle-ci, reprends la marche vers l’Ouest et la Grande Citée ; le petit groupe suit bien vite dans ses pas.

Dans le lointain, le Phénix est aux prises avec des assaillants, et ses pépiements troublent sans cesse la quiétude du désert. Lui répondent bientôt des tirs d’armes et le bruit caractéristique des terrifiantes Arcanes. Unangui fait presser le pas à tout le monde, elle a déjà croiser les cratères résultants de telles affrontements, lorsque les Vampires sortent de leurs tanières diurnes et traquent les grandes bêtes dans le désert, elle sait qu’ils ne sont pas encore hors de danger…

Le petit groupe progresse au son des combats de plus en plus violents. Des flashs de lumières illuminent le chemin tandis que le Phénix s’élève au-dessus de la ligne de crête avant de replonger sur ses assaillants en claquant du bec. Les Arcanes changent la pénombre en une malsaine aube rouge sang, Unangui est entourée des réfugiés, les yeux écarquillés de terreur, la respiration haletante. Les cris de rage font place aux cris de détresse, tandis que la grande bête perds du terrain face aux non-morts enragés. Les chargeurs se vident, les armes se taisent, les lames sont tirées des fourreaux, le combat se fait plus personnel.

Il ne reste bientôt du Phénix qu’une boule de plumes ébouriffées, ses rémiges majestueuses brisées tachées de sang, son bec craquelé par les coups d’armes antiques maniées avec une force surnaturelle, un œil fermé laisse s’écouler des larmes visqueuses d’une humeur difficilement identifiable. L’autre œil est toujours défiant, la bête s’est adossée aux vestiges de la grotte. Les flammes des incendies couvent encore sous les décombres, et les mouvements de l’oiseau géant sur les gravats font échapper des flammèches et des plumes de fumée. Le cercle des prédateurs se referme sur leur proie. Le Phénix se sait condamner, il inspire, son poitrail s’illumine. Les vétérans des chasses Vampires reconnaissent l’action désespérée du monstre, tandis qu’il commence à laisser échapper des langues de feu par ses plaies, par son bec, par le trou béant de son œil crevé. Les plumes du Phénix s’embrassent, transformant la bête en un bûcher ardent. Les Vampires se préparent pour la conflagration, les Maîtres des Bêtes et les Capteurs d’Esprit se cachent derrière les roches du désert ; les Cultistes et Absorbeurs concentrent leurs Arcanes pour annuler l’explosion qui vas suivre. Dans un dernier geste de défi, le Phénix s’élance, déploie ses ailes aussi haut qu’il le peut encore et hurle un dernier défi ; puis, brusquement, son corps semble absorbé dans les flammes, sa chair et ses os sont consumés par son propre pouvoir, il ne reste qu’une forme ardente tournée vers le ciel, le fragile équilibre est rompu, et bientôt, dans un claquement sec, le Phénix se transforme en une nova de feu qui engloutit toute la scène, carbonisant les derniers étais dépassant des décombres, frappant les Vampires comme un Tsunami ; un, puis deux, puis presque tous partent en fumée.

Unangui progresse aussi rapidement que possible, poussant le groupe dans ses dernières limites. Un rocher imposant est visible devant eux, encore loin, peut-être trop. Mais les réfugiés essaient quand même, de toutes leurs forces. Amatea pleure encore, sa mère est sous le choc. Autour d’eux, d’autres réfugiés courent, transpirent, jurent, serrent les dents. La jeune femme prend la petite fille des bras de sa mère, celle-ci trébuche et tombe. Unaugui ne se retourne pas. Une vague de feu passe la crête, dévale le versant. La mort porte un habit jaune ourlé de rouge. La course se fait désespérée. Le groupe laisse tomber sur le sable ses paquets, les plus malchanceux, comme la mère d’Amatea, tombent eux même. Certains se relèvent et recommence à courir, distancés par le groupe, d’autres abandonnent, à bout de souffle. Des petites silhouettes noires sur la surface bouillonnante de la vague de feu sont bientôt tout ce qui reste d’eux. Amatea se tait. Par dessus l’épaule d’Unangui, elle vient de voir sa mère disparaitre. La jeune femme atteint enfin le rocher, tourne si précipitamment pour s’abriter derrière qu’ elle glisse, se griffe sur les pierres, envoi ses paquets rouler le long de la paroi. Unangui dépose Amatea brusquement, la jetant presque contre le mur de pierre rugueux, se retourne et saisit le refugié suivant, le tire par le bras et l’envoi derrière le rocher, aux côtés de la petite fille couverte de boue, au visage fermé. Vient ensuite un autre, puis un couple se soutenant l’un l’autre, et Unangui les mets tous à l’abri.

Dans un brusque souffle d’air chaud, Unangui est repoussée en arrière. Elle est étendue sur le dos, et tape vivement sur les pans de sa robe qui ont pris feu. Elle se relève, et se dirige vers le groupe. Elle ne se retourne pas, cela ne sert plus à rien. Tandis qu’elle les dépasse pour aller récupérer ses paquets, Unangui regarde les derniers survivants. Amatea d’abord, qui n’a toujours pas bougé. Elle est maintenant orpheline, il ne lui reste rien. Tall et Jida, qui pleurent, encore enlacés. Ils se sont mariés dans l’année, et venaient de s’aménager un petit coin à eux, en espérant un premier enfant. Il y a ensuite A’Angarn, un grand gaillard musclé qu’Unangui connaît pour l’avoir soigné plus d’une fois de ses blessures de chasse. Un genoux à terre, il serre les dents, contemplant son poignet cassé, les esquilles d’os dépassant de la peau déchirée ; malgré sa chute et sa blessure, il est parvenu à tenir le rythme. Sho, est le seul qui à réussit à rester à sa hauteur pendant la fuite. Grand et mince, élancé jusqu'à la maigreur, il était jusqu'à maintenant un esclave dévolu aux tâches ménagères. Comme Unangui, en même temps que son passé, ses chaînes sont parties en fumée. Mais les vieilles habitudes ont la vie dure, et le jeune homme tiens maintenant Amatea dans ses bras, la berçant doucement. Il se tourne vers Unangui et demande :
« Et maintenant, Sombre Mère ? »

Unangui marque un temps d’arrêt. C’est la première fois qu’elle est appelée ainsi. Tous les regards se tournent vers elle. Elle ouvre la bouche, et, tandis qu’un son s’apprête à quitter ses lèvres, une forme massive tombe sans un bruit sur le sable, ombre dans la nuit, elle se découpe sur le ciel par l’absence d’étoiles qu’elle crée.

Une rangée de crocs taillés en pointe apparaît dans l’ombre, sous les deux points rouges perçant la nuque d’Unangui, tandis que le Vampire pose une serre sur l’épaule, tétanisée, de la jeune femme…
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MessageSujet: Re: La flamme du désert - la danse des dunes   Jeu 30 Aoû - 11:13

Chapitre III: Cendres, bise, une valse des morts

Le regard d’Unangui est attiré par la masse sombre sur son épaule nue. La créature, dans l’esprit de la jeune fille, est un monstre abominable, aux serres racornies, à la peau parcheminée et aux articulations craquantes. La main sur son épaule est fine et forte, les ongles manucurés sont enluminés de multiples couleurs, émaux et métaux racontant en blasons structurés les exploits de leur porteur. Ici un dragon, aux écailles d’argent sur champ d’azur, comme capturé en plein vol; là, un phénix est représenté en mosaïque de gueule et sable cerclés d’or, sur champ de pourpre. Ces ongles ostentatoires prolongent une main maillée, mais ce qu’Unangui prit tout d’abord pour un gant est en fait une succession de petits tatouages en formes de lettres, I, X, L, C, M, imbriqués les uns dans les autres, labyrinthe d’encre incrusté dans l’albâtre exsangue de la peau du mort-vivant. La jeune fille ne peut en détacher les yeux.

Prenant son temps, le Vampire tourne lentement autour d’Unangui, regardant tour à tour chacun des survivants, Sho fait un pas en arrière, tandis qu’Amatea enfouit son visage crispé de terreur dans le creux de sa poitrine aux côtes saillantes. A’Angarn, son esprit combatif toujours intacte, se relève lentement, lâche son poignet et doucement, se saisit du manche en corne de sa lame de chasse, mais la laisse au fourreau suspendu à sa ceinture. Tall se relève, et se place entre son épouse et le mort-vivant sublime, tandis que Jida sèche d’une main déterminée ses larmes et se place derrière son mari, à sa droite, prête à vendre chèrement sa vie.

Le regard d’Unangui remonte le long de la manche de cuir du tabard du Vampire, le long du col étroit et bas, vers le cou fin surmonté d’une tête maillée de lettres, au sourire moqueur. Tandis que la créature retire sa main de l’épaule de la jeune fille, marchant au milieu du petit groupe sans montrer un signe de crainte, deux autres Vampires se faufilent derrière les humains terrifiés, l’un de la zone brulée, contournant le rocher qui les as protégés, alors que l’autre, paraissant se matérialisé du néant, s’échappe des ombres de l’autre côté, refermant la nasse sur le groupe maintenant encerclé. La première bête est plus grande et massive que le magnifique mort-vivant tatoué. Sa peau, dans la mort, à pris la teinte noire de la terre riche d’un cimetière ensemencé des corps des trépassés. Ses membres sont longs, ses muscles noueux laissant présager d’une force extrême. Son torse sec et musculeux n’est pas protégé par une armure, il ne porte qu’un simple tartan constellé de déchirures. A ses hanches, retenus par la lourde ceinture de cuir bruni et patiné par le temps, pendent une paire de longs couteaux. Le troisième Vampire est de loin le plus étrange. Cette femme de grande taille ne semble pas avoir été affectée physiquement par la transition. Sa peau n’est ni pâle et exsangue, ni sombre et nécrosée, comme intouchée par son état. Ses yeux, rieurs, toujours en mouvement, passent d’un réfugié à l’autre avec vivacité. Ses formes restent floues, drapée dans une longue robe noire brillante, seuls son visage entouré de tresses blondes et ses mains gracieuses dépassent de son ample vêtement au drapé irréel, que le regard peine à capter.

Les trois prédateurs immortels tournent autour des réfugiés, leurs regards carnassiers évaluant chaque mortel comme un lion un agneau. La femelle pose à son tour sa serre sur l’épaule d’Unangui, son regard pénétrant plonge dans celui de la jeune femme. Tour à tour, chaque Vampire frôle, saisit ou caresse chaque réfugié, jusqu'à ce que leur choix soit arrêté. Alors, ils regroupent ceux qu’ils ont choisi, le monstre tatoué prends le couple, plaque Tall et Jida contre le mur avec tant de force que le bruit d’os brisés fait sursauter les autres, tous deux pâlissent, et un filet écarlate apparaît à la commissure des lèvres de Tall ; la bête saisit Sho et A’Angarn et les entraînes vers un roc, les deux hommes gémissent sous le choc et la douleur lorsque leurs peaux sont meulées par les aspérités de la pierre, Sho laisse tomber l’enfant et tends les bras vers elle tandis qu’il est entrainé en arrière ; enfin, la Vampire prends doucement Amatea, et la tends à Unangui, qui se saisit d’elle, puis la succube se place derrière elles deux, une serre sur l’épaule nue d’Unangui, parcourue d’un frisson, et une main caressant les cheveux de la petite fille, qui éclate instantanément en sanglots.

Alors l’horreur se répands dans les cœurs de la troupe, tandis que, d’un geste vif et bien maîtrisé, le tatoué plante ses crocs dans la gorge de Jida, aspergeant le visage de son époux de son sang chaud. Sho lisant l’exitation de la mise à mort d’une proie dans le regard du Vampire qui le surplombe, pousse un hurlement rapidement stoppé par la morsure de la bête sur sa gorge, comprimant ses cordes vocales avec brutalité. La femme, sans s’en émouvoir, se contente de continuer à caresser doucement les cheveux d’Amatea. A’Angarn, dans un geste de défi, plante son couteau dans le torse de la bête ; celui-ci relève la tête en riant, aspergeant le sol alentour de trainées écarlates tracées dans la poussière au rythme de ses sursauts d’hilarité. Le tatoué laisse tomber le cadavre de Jida, avant de se tourner vers Tall, encore sous le choc, et de répéter son acte ignoble, son sourire toujours rieur. La bête, laissant agoniser Sho, se jette sur A’Angarn et, lentement, avec la délectation d’un prédateur jouant avec sa prise, lui brise l’autre poignet ; son sourire s’élargit tandis que le vaillant survivant serre les mâchoires, et que son front se couvre de sueur, alors que le monstre applique une pression mesurée sur les fractures de l’homme. Tandis qu’A’Angarn s’évanouit, vaincu, le Vampire se penche sur sa carotique, hume la peau, la goûte du bout de la langue, avant de planter profondément ses crocs et de déchirer la chair, barbaresque parodie du massacre mesuré du tatoué. La pression artérielle fait jaillir le précieux liquide en fontaine, à laquelle se gorge le mort-vivant, alternant les goulées de lambeaux de viande crue arrachées à la plaie béante. A’Angarn ne survit pas longtemps à tel traitement, et bientôt, sa tête à demi arrachée pendant le long du roc, il rend l’âme, dominé par la bête triomphante.

Leur festin macabre accompli, les deux Vampires mâle saisissent les cadavres de leurs victimes, et s’enfoncent dans les ombres ; le tatoué avec les deux amants sur son épaule, leurs gorges ouvertes tirant une ligne de pointillés de sang sur le sol ; tandis que la bête traîne les corps des deux hommes, leurs têtes rebondissant sur les inégalités du sol, Sho continue à gémir alors que son agonie se poursuit. Il ne reste qu’Unangui et Amatea, toujours sous l’emprise de la femme, dont les caresses se font plus pressantes. Bientôt ses doigts se crispent rythmiquement, ses lèvres pincées par la soif se posent sur la nuque d’Unangui en un baiser froid, dont le contact provoque chez la jeune fille un sursaut et un frisson d’angoisse. Amatea se remet à pleurer, tente de s’échapper en sautant à terre. La morte-vivante, vive comme l’éclair pousse Unangui à terre dans son élan vers la petite fille. Et la jeune femme, allongée sur le flanc, ne peut détourner les yeux tandis que la Vampire plante ses crocs dans le cou de la fillette. Son corps se tends et ses yeux s’écarquillent, horrifiée par la vision du monstre penché sur l’enfant ; sans grâce ni retenue, son visage fin aux traits tirés, à la mâchoire distendue est un masque squelettique qui ne cache plus sa nature immonde. Les gloussements et bruits de succion s’intensifient tandis qu’Amatea, dans son dernier souffle, entre en convulsions, de petits nuages de poussière s’élevant du sol là où ses petits poings et pieds frappent frénétiquement la terre. Bien vite, le petit corps s’immobilise, et la Vampire tourne sa tête dégoulinante de fluide vital vers Unangui. Une larme coule doucement sur la joue, un long râle d’horreur et de désespoir sort de sa gorge crispée.

En un battement du cœur d’Unangui, la femme est sur elle. Ses yeux rouges sont fixés sur les veines de la mortelle, passant sans cesse des carotides aux tempes, contemplant la poitrine se soulever rapidement, rêvant éveillée du cœur qu’elle renferme. Ses crocs entrent dans la gorge tiède. Deux aiguilles, une piqûre presque indolore. Puis, le pouvoir se déverse en Unangui, comme un torrent d’acide qui ronge lentement sa vie. Son corps lui échappe. Elle ressent ; elle pense ; elle ne peut pas agir. Son sang s’écoule hors d’elle, aspirée par le monstre au-dessus d’elle, et avec lui, ses forces l’abandonnent.

Unangui lâche un dernier gémissement, ses yeux se voilent, et tout devient noir.
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